La 17e conférence des chefs d’Etat et de gouvernement du Comité permanent inter-Etats de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS) s’est tenue le15 avril 2015 au Centre international de conférence de Bamako (CICB). Au menu de cette rencontre : la désignation d’un nouveau président à la tête du CILSS, l’examen des rapports des mandats écoulés et l’adoption de nouveaux programmes de travail pour les prochaines années.

Ibrahim boubacar keita ibk president mali Idriss DEBY ITNO Tchad

Sur les 13 chefs d’Etat membres de l’organisation, seuls 5 étaient présents à cette 17e conférence des chefs d’Etat et de gouvernement du CILSS.  Il s’agit de Idriss DEBY ITNO du Tchad, Michel Kafando du Burkina-Faso,  Mohamed Ould Abdel Aziz de la Mauritanie, Ibrahim Boubacar Kéita du Mali et Mahamadou Issoufi du Niger. Le dernier cité est rentré dans son pays juste après le discours de bienvenue du président malien. Les chefs d’Etat absents se sont faits représentés.

Après la traditionnelle photo de famille, place à la cérémonie d’ouverture, laquelle a été marquée par plusieurs interventions dont celles de bienvenue d’Ibrahim Boubacar Kéita. Les participants ont eu droit aux discours des représentants de la BAD, l’USAID,  la CEMAC, la FAO, le Club du sahel et de l’Afrique de l’Ouest (CSAO), du représentant du président en exercice de la Cédéao (John Dramani Maham du Ghana). C’est le président sortant, Idriss Deby du Tchad qui a fait le discours d’ouverture de cette 17e conférence.

S’en est suivi la présentation d’un film documentaire sur les missions et les acquis du CILSS, la présentation du rapport du ministre coordinateur du CILSS, Mme Mbaïwong Djibergui Amane Rosine du Tchad et la remise par le comité exécutif du CILSS d’une attestation de reconnaissance et d’une médaille au président sortant Idriss DEBY ITNO. Une distinction qu’il a dédiée à tous les sahéliens.

Une organisation qui séduit de plus en plus les bailleurs de fonds

Dans son discours d’ouverture, le président Deby a rappelé les résultats encourageants qui ont été enregistrés durant les deux mandats qu’il a eu à passer à la tête du CILSS. Il s’agit entre autres, du bon fonctionnement des organes de gestion administrative financière et comptable, l’amélioration de la bonne gouvernance par une actualisation de la convention du CILSS, l’accélération du processus de rapprochement CILSS-CEDEAO, l’augmentation des cotisations des Etats membres, le renforcement de la solidarité avec les institutions sous-régionales d’intégration (CEDEAO, UEMOA). Autres acquis enregistrés sous Idriss Deby, des nouvelles adhésions au CILSS (Bénin, Côte-D’ivoire, Guinée et Togo), la mobilisation des ressources en faveur des populations vulnérables, etc.

Ces résultats ont été salués par tous les partenaires techniques et financiers au cours de cette 17è conférence des chefs d’Etat et de gouvernement. La BAD, la BID, la Banque Mondiale, l’USAID et autres partenaires semblent être séduits par le CILSS qu’ils assurent d’accompagner pour l’atteinte de ses objectifs de lutte contre la sécheresse et l’insécurité alimentaire.

D’ores et déjà, la Banque mondiale a accordé sur cinq ans,  une enveloppe financière de 250 millions de dollars au CILSS pour la mise en œuvre du Projet d’appui au pastoralisme au sahel. Sans compter l’appui financier de la BAD pour la mise en œuvre du Programme de renforcement de la résilience à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle au sahel.

Nouveau président, nouveaux défis

A l’issue de cette 17è conférence et des chefs d’Etat et de gouvernement, le président de la République du Tchad, Idriss Deby ITNO a passé le témoin à son homologue malien, Ibrahim Boubacar Kéita. Celui–ci aura pour tâche de relever les nouveaux défis qui se dressent dans l’espace CILSS.

Il s’agit de la lutte contre la sécheresse qui avance à grand pas, la sécurité alimentaire et la transhumance pastorale perturbées par l’insécurité qui sévit dans la région depuis quelques années. Il s’agira  aussi et surtout pour le président entrant du CILSS de tout faire pour sauver les 4 millions de personnes de l’espace CILSS en état de crise alimentaire et les 10 millions de personnes en état de fragilité alimentaire. Mais aussi de faire le rapprochement CILSS-CEDEAO une réalité, cela pour le bonheur de tous les Etats de l’Afrique de l’Ouest.

En tout cas, le nouveau président du CILSS semble être conscient de la délicatesse de la tâche qui l’attend.

Déjà dans son discours de bienvenue, Ibrahim Boubacar Kéita, après avoir reconnu que le CILSS est un instrument privilégié de développement durable pour ses membres, a indiqué que sa réussite requiert la mobilisation d’importantes ressources financières. Et à peine devenu président du CILSS, il lance un appel aux institutions financières d’aider cette organisation commune à s’attaquer aux problèmes communs des Etats membres.

Aboubacar Berthé 

50e session ordinaire du conseil des ministres du CILSS : des recommandations fortes pour la mise en œuvre d’un programme ambitieux

La 50e session ordinaire du conseil des ministres du CILSS s’est tenue du  12 au 14 avril à Bamako sous la présidence de Mme Baïwong Djibergui Amane Rosine, ministre de l’Agriculture et de l’Environnement du Tchad, ministre coordinateur du CILSS. Ce conseil des ministres du CILSS qui a précédé la 17e conférence des chefs d’Etats et de gouvernement de la même organisation tenue sur les mêmes lieux le 15 avril, a pris fin par des recommandations fortes.

La cérémonie d’ouverture de cette 50e session des ministres du CILSS  qui s’est déroulée en présence  des délégations ministérielles du Burkina-Faso, de la Côte-d’Ivoire,  de la Guinée, de la Mauritanie,  du Niger, du Sénégal, du Tchad, du Benin et du Mali, a été marquée par la présentation du rapport du secrétaire exécutif, le rapport de l’auditeur interne et celui de l’auditeur externe.

Au cours des travaux, le conseil des ministres et de gouvernement du CILSS a examiné les dossiers soumis à son appréciation par le Comité régional de programmation et de suivi. Il s’agit des dossiers se rapportant à  l’examen et l’adoption du plan d’opérations et le budget 2015 du CILLS; du rapport 2014 de l’auditeur interne; du rapport de l’audit conjoint et consolide des fonds bailleurs (fonds propres et fonds états membres du CILSS pour l’exercice 2012).

A l’issue de travaux, des recommandations pertinentes ont été formulées lesquelles ont été soumises à l’appréciation des chefs d’Etat et de gouvernement du CILSS.

Les recommandations sont relatives à l’opérationnalisation et à la mise en œuvre du programme de travail 2015-2019, au processus de rapprochement CILSS-CEDEAO, à la révision des niveaux de contributions des  Etats membres au fonctionnement du CILSS, à la révision de la politique de rémunération. S’y ajoute le paiement des contributions des Etats membres et la signature de la seconde convention révisée du CILSS.

Le ministre de l’agriculture du Tchad, ministre coordinateur du CILSS a invité les chefs d’Etat membres du CILSS à prendre en compte ces recommandations pour le bon fonctionnement de l’organisation commune.

Aussi, Mme Baïwong Djibergui Amane Rosine du Tchad a saisi cette occasion pour  inviter les cadres du CILSS à «œuvrer davantage dans la recherche de nouveaux créneaux de développement et de recherche qui intègrent les aspects d’adaptation et de résilience climatique pour aider les populations sahéliennes et ouest-africaines à faire face au changement climatique».

Rappelons qu’un nouveau auditeur interne du CILSS en la personne de Bonaventure Guy PEDE a été nommé au cours de cette 50è session des ministres du CILSS en remplacement de M. Tine Mor Badiane. Le ministre coordinateur du CILSS a rendu un hommage appuyé  à l’auditeur interne sortant pour avoir, pendant 7 ans, apporté toute sa compétence et son expérience au CILSS et pour avoir amélioré sa gestion financière et comptable.

Aboubacar Berthé 

Source: Autre presse