Bénéficiant tous d’un non lieu au niveau du pôle économique et financier, les responsables de la défunte banque BRS (Banque Régionale de Solidarité), inculpés dans le cadre du détournement de 1,9 milliard CFA broient du noir au niveau du tribunal de travail, qui traine à leur mettre dans leurs droits, conformément au code du travail. Pourquoi doit-on laissés pour compte ces cadres de banque et leurs familles, blanchis par la justice ?

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Pour rappel, il  y’a de cela quelques mois, plus précisément en novembre 2013, que quatre directeurs de la Banque Régionale de Solidarité ( Tidiane Diarra, directeur de la Clientèle, Mohamed Balayara, directeur des Risques, Kalifala Diarra, directeur des Opérations et Abdoulaye Dia, directeur du Recouvrement et des Affaires juridiques) et d’autres chefs de cette banque (chef du contrôle interne de la Banque, Mohamed Berthé, son successeur Boubacar Dramé ; le chef de l’agence principale, Yaya Koné, le caissier principal Tounkara, le directeur des ressources humaines, Jules Yanaba) ont été interpellés, puis mis sous mandat de dépôt, suite à une mission de contrôle effectué par le Pôle économique et financier de Bamako, au sujet d’une affaire de détournement de 1,9milliard FCFA, instruit à son niveau. Après d’énormes enquêtes, investigations pointues, comparutions, le juge d’instruction de la même juridiction a accordé un non lieu à ces cadres de la BRS, il y’a quelques semaines. Mais ces derniers ne sont pas au bout de leur peine. Car, à la surprise générale le parquet a interjeté appel au niveau de la Cour d’Appel (dont la chambre d’accusation doit se statuer là-dessus). Si cette procédure relève du pénal, les concernés et leurs ayants droits ont du mal de nos jours à digérer l’attitude du tribunal de travail, qui refuse de les accorder leurs droits. Notamment celui relatif aux traitements salariaux.  Comme s’ils sont frappés par une décision de licenciement. Or, dans le cas spécifique, selon l’avis d’un juriste, le code du travail n’évoque la possibilité de licenciement que dans l’hypothèse d’une absence constatée de plus de six mois. Ce qui n’est pas le cas pour ces cadres, qui ont consacré l’essentiel de leur carrière au service de cette banque. Et qui n’ont pas accusé une absence ayant atteint ce délai légal. Qu’est ce qui motive donc cette attitude inhumaine à l’encontre de ces cadres ?

Pourtant, aux dires toujours de notre source, toute mesure du tribunal de travail doit avoir une référée sociale. A savoir, que l’esprit qui fonde le code de travail est basé de prime abord sur la protection de l’employé.

Pourquoi veut-on donc lésés ces cadres de banque qui ont bénéficié d’un non lieu dans la règle de l’art au niveau du pôle économique ?

De nombreux observateurs du milieu bancaire, estiment que la vague d’arrestations qui a suivi le rachat de la BRS par l’Orabank cache de nombreuses zones d’ombre.  Etant donné qu’elle fut mise en œuvre par le nigérian Younoussi Abdoul, nommé à la tête de la nouvelle banque. Les mêmes sources confient que de gré ou de force l’on veut faire des cadres bancaires Maliens des responsables de seconde zone au sein d’Orabank. Ancienne banque majoritaire dans le capital de la BRS, qui a fini par engloutir cet établissement financier qui a fait ses preuves dans le financement  des personnes qui n’ont pas accès au système bancaire traditionnel : notamment les jeunes, les femmes, les ruraux et les promoteurs de petites entreprises. L’objectif de cette banque est de permettre l’accès au crédit aux populations qui sont exclues du système bancaire : notamment les jeunes, les femmes, les ruraux et les promoteurs de petites entreprises.

De ce fait, il est inadmissible de nos jours de faire des anciens cadres de cette banque, des punissables  chômeurs…

Affaire à suivre

Moustapha Diawara

source : Tikan