À l’occasion de “l’autre forum de Bamako” sur les questions de laïcité et de religion : L’ambassadeur du Maroc S. E. Hassan Naciri partage l’expérience du Royaume chérifien avec les participants

Les rideaux sont tombés le vendredi dernier à l’hôtel Salam de Bamako sur l’édition spéciale du Forum de Bamako dénommée “l’Autre Forum” consacrée au thème : “Etat, citoyenneté, religion et laïcité : état des lieux enjeux et perspectives au Mali”. Une occasion opportune mise à profit par l’ambassadeur du Maroc au Mali S. E. Hassan Naciri, non moins Doyen du Corps diplomatique au Mali, de partager avec les participants la recette du Royaume chérifien sur les questions de laïcité et de religion. L’Autre Forum  a été organisé à titre exceptionnel. Notons que le Forum de Bamako habituel aura lieu au mois de mai prochain.

Le forum comme à l’accoutumée a réuni un parterre d’intellectuels, d’experts  venant d’horizons divers avec surtout cette année des intervenants comme ceux du Haut conseil islamique du Mali, de l’Eglise. Intervenant lors de la cérémonie de clôture des travaux, l’ambassadeur de Sa Majesté le Roi du Maroc au Mali, Doyen du Corps diplomatique, S. E. Hassan Naciri a tenu surtout à partager avec l’assistance l’expérience marocaine quant à la très sensible gestion des questions de religions, laïcité surtout le lien avec la politique.

Introduisant son intervention, le diplomate marocain a rappelé que : “Etat, citoyenneté, religions et laïcité” revêt, en particulier au Mali, tout son sens et sa pertinence au regard de nouveaux enjeux et des défis autour de la paix et de la cohésion sociale, focus de toutes les politiques publiques et de la coopération internationale.

Hassan Naciri avec les participants

S’agissant des débats lors de ces assises, ils étaient focalisés durant trois jours  sur  trois séquences, à savoir “l’Etat, citoyenneté et laïcité : état de la question et enjeux pour les démocraties contemporaines, religions et laïcité au Mali : état des lieux et enjeux ; quelle laïcité pour un Mali stable et réconcilié avec ses valeurs socioculturelles ?”.

Ainsi, aux termes des différentes interventions, les participants ont plaidé pour une sortie de crise basée sur une dynamique endogène qui consiste à dépasser cette période de turbulences en puisant dans les valeurs ancestrales de tolérance et de vivre ensemble du peuple malien et avec le soutien des partenaires internationaux.

A cet égard, la tribune a été opportune pour l’Ambassadeur de Sa Majesté le Roi du Maroc, pour parler de l’expérience de son pays sur les questions religieuses et surtout de laïcité. A ce propos, le diplomate chérifien a rappelé qu’au Maroc, l’islam est religion d’Etat  depuis le VIIIe siècle. “Il est au cœur de l’identité marocaine à telle enseigne que toutes les formations politiques revendiquent leur attachement à l’islam. Le Roi, Chef de l’Etat est Commandeur des Croyants, de tous les Croyants des religions du Livre, se porte garant du libre exercice des cultes. Cette centralité de Sa Majesté le Roi aux niveaux politiques et religieux est une singularité du Royaume chérifien dans le monde musulman. Descendant du Prophète SPSL, le Roi occupe donc deux fonctions : il est à la fois Chef Temporel et Leader Spirituel. La Constitution qui consacre ce statut engage l’Etat à respecter le droit de culte à tous les Croyants musulmans ou non”, a expliqué Son Excellence Hassan Naciri.

Cependant bien vrai que l’islam soit considéré comme religion d’Etat, l’ambassadeur du Maroc de poursuivre que le Roi Mohammed VI veille aussi au libre exercice des autres religions comme il a rappelé dans discours lors de la visite du Pape François en mars 2019 en ces termes : “En tant que Commandeur des Croyants, je ne peux parler de Terre d’Islam, comme si n’y vivaient que des musulmans. Je veille, effectivement, au libre exercice des religions du Livre et je le garantis. Je protège les juifs marocains et les chrétiens d’autres pays qui vivent au Maroc”.

Promouvoir le dialogue interreligieux

Poursuivant dans le même ordre d’idée S. E. Hassan Naciri d’ajouter que le Maroc est connu par sa longue tradition de tolérance religieuse et spirituelle comme l’atteste l’harmonie de la coexistence des mosquées, églises et synagogues sur l’étendue du pays. Puisant dans cette culture millénaire, a-t-il poursuivi, le Maroc ne cesse de promouvoir le dialogue interreligieux et interculturel et lutte contre toutes les formes d’extrémisme.

“En janvier 2016, a été publiée la déclaration de Marrakech sur les droits des minorités religieuses dans le monde musulman… Et dans la vie quotidienne, la verticalité de la pratique religieuse est respectée, le droit positif marocain faisant référence aux sources islamiques, mais aussi aux sources universelles”, a soutenu S. E. Hassan Naciri.

Pour ce qui est de la relation entre religion et politique, l’ambassadeur Naciri de poursuivre que le Souverain a eu à trancher le 30 avril 2003 cette question  affirmant “une nette séparation doit être faite entre le religieux et le politique, eu égard à la sacralité des dogmes véhiculés par la religion, et qui doivent, de ce fait, être à l’abri de toute discorde ou dissension, d’où la nécessité de parer à toute instrumentalisation de la religion à des fins politiques”. Autre particularité marocaine,  c’est de déclarer nulle et de nul effet toute constitution de parti (…) qui a pour but de porter atteinte à la religion islamique (…) ou de constitution de parti politique fondée sur une base religieuse (…).

“Nous nous devons encore une fois de nous respecter dans nos différences et de regarder ensemble dans la même direction, seule gage de l’altérité”, a conseillé l’ambassadeur du Roi.

Il sied de préciser que ce grand rendez-vous est organisé par la Fondation Forum de Bamako avec à sa tête Abdoullah Coulibaly, ancien président de la Commission d’organisation du Sommet Afrique-France tenu à Bamako.

Le format habituel du Forum de Bamako est prévu pour le mois de mai prochain avec la participation de plusieurs personnalités.

   Kassoum THERA

                                                                                       

Source: Aujourd’hui-Mali

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