Lors du Conseil des ministres de ce mardi, le chef de l’Etat algérien par intérim, Abdelkader Bensalah, a réitéré que « le rejet de l’ingérence étrangère est un principe ancré dans la culture politique de l’Algérie, peuple et institutions ». Dénonçant des « intentions, déguisées souvent sous le couvert des droits de l’Homme, diaboliquement politisés dans la plus part du temps », Bensalah  a évoqué une « Algérie tournée vers un avenir, que construiront ses filles et ses fils avec l’accompagnement de l’Armée populaire nationale ».

Ces accusations et autres mises en garde du Président intérimaire, dirigées indirectement contre la France, est un procédé connu de tous, jusqu’à Beni, en RDC, et même à Kayes au Mali. C’est de toute évidence la façon classique de s’attirer la sympathie du peuple algérien. D’autant que la sortie de Bensalah intervient quelques heures seulement après l’appel du ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, soulignant que le souhait de la France « c’est que les Algériens trouvent ensemble les chemins d’une transition démocratique ». « C’est à eux seuls qu’il revient de décider de leur avenir (…). La France continuera de se tenir aux côtés des Algériennes et des Algériens tout en respectant la souveraineté du pays », a indiqué Le Drian qui rappelle avoir à plusieurs occasions dit à son homologue algérien que « la solution, c’est le dialogue démocratique, dans lequel chacun puisse exprimer sans crainte ses opinions. Et que les libertés d’expression, de religion, de la presse et de manifestation soient pleinement respectées. Quant aux modalités de la transition, il appartient aux Algériens qui font preuve d’une maturité exemplaire, de les définir ».

 

Ce propos responsable et pondéré du diplomate français a été le prétexte rêvé, une occasion en or, pour le dirigeant algérien de faire appel à la méthode classique, de tirer à boulets rouges sur la France et décrocher en retour un fort capital sympathie. En effet, Bensalah, a, dit-il, voulu « à partir de cette tribune, réitérer que l’Algérie demeure profondément attachée à son rejet de principe de toute ingérence étrangère dans ses affaires internes, quelles que soient les parties qui pourraient en être l’instigateur et quelles qu’en soient leurs intentions, déguisées souvent, pour ne pas dire toujours, sous le couvert des droits de l’Homme, diaboliquement politisés dans la plus part du temps ». « Que tout un chacun comprenne que le rejet de l’ingérence étrangère est un principe ancré dans la culture politique de l’Algérie, peuple et institutions, et que toute velléité dans ce sens est vouée à l’échec ».

Il va plus loin, mettant en garde que « par conséquent, il est attendu de nos partenaires de faire montre de respect à l’égard de l’Algérie et de ses institutions, car c’est au peuple algérien, et à lui seul, que revient le choix du candidat auquel il souhaite donner la légitimité nécessaire pour la conduite du pays durant l’étape à venir (…). La volonté populaire exprimée à travers les urnes, vers lesquelles notre peuple s’apprête à aller massivement dans les jours à venir, uni et unifié, en faveur d’une Algérie tournée vers un avenir, que construiront ses filles et ses fils avec l’accompagnement de l’Armée populaire nationale (APN), digne héritière de l’Armée de libération nationale (ALN) sous la conduite de son Commandement clairvoyant ».

Sauf que Bensalah ignore que ce procédé est si classique qu’il est maintenant connu de tous, surtout des Algériennes et des Algériens. Accuser la France pour s’attirer la sympathie d’un peuple algérien à l’agonie, à la souffrance dont les multiples appels à l’annulation de cette mascarade de Présidentielle sont tombés dans l’oreille de dirigeants sourds, obnubilés par le désir de conserver le délicieux et juteux pouvoir qu’ils partageaient avec la famille Bouteflika. Aujourd’hui, Saïd Bouteflika est en prison. Que lui reproche-t-on ? Etait-il seul dans ses entreprises ? Non, en effet ! Le frère cadet de l’ex-Président Abdelaziz Bouteflika agissait en étant appuyé dans ses actions par des nommés Abdelkader Bensalah et autres Ahmed Gaïd Salah qui, pensent que les Algériennes et les Algériens ont oublié ce qui s’est passé il y a moins d’un an.

Et lorsque Bensalah parle de filles et fils d’Algérie qui accompagnent l’armée, de quelles filles et de quels fils d’Algérie parle-t-il ? Sans doute pas de ceux qui sont dans les rues pour dire NON à ces élections organisées sans certains pro-Boutéflika, mais avec uniquement d’autres pro-Bouteflika. Un scrutin qui fait comprendre que le ridicule ne tue plus en Algérie. La France a bon dos certes. Mais pour cette fois, tenter de s’attirer du buzz en flinguant la France, c’est raté, c’est complètement mort. Le monde entier a compris le jeu des autorités algériennes, même à Sérékunda, en Gambie, ils ont compris ce jeu devenu trop vieux. Il est temps d’aller vers une nouvelle trouvaille.

AFRIK