Au Mali, la France entend maintenir son contrôle politique pour défendre ses intérêts

La situation actuelle au Mali et dans la région du Sahel s’inscrit dans une séquence plus longue, mais régie par les mêmes coordonnées. Le président d’alors, François Hollande, menait une guerre par an, dans la plus pure tradition de la Françafrique, là aussi au nom de la lutte contre le terrorisme. En janvier 2017, nous écrivions alors dans l’article « Françafrique. Quel bilan pour Hollande ? » que « les opérations Serval et Barkhane opérées sur le sol malien, au nom de la lutte contre la montée du terrorisme, conséquence de l’intervention armée de la France dans la Libye de Kadhafi, étaient en réalité motivées par le désir de préserver l’accès à des ressources premières, tel que l’or et l’uranium, et celui d’éviter une déstabilisation générale de l’Afrique subsaharienne et centrale, stratégique pour l’État français pour l’accès à des matières premières. De plus elle a permis à l’armée française d’être désormais durablement implantée au Burkina Faso et au Niger, troisième producteur mondial d’uranium, matière stratégique exploitée par le français AREVA ».

Aujourd’hui, les forces françaises de l’opération Barkhane sont toujours sur place, mais la situation objective a changé avec un coup d’Etat et de larges zones du Mali qui échappent au contrôle du pouvoir central, soutenu par la France. Si l’ingérence impérialiste française est la première source de cette instabilité, permettant à divers groupes rebelles et terroriste de « surfer » et de détourner une colère légitime contre la politique proprement coloniale de Paris, le tour de vis de l’exécutif annonce là encore une forme d’escalade. C’est ce qui explique la visite de Le Drian au Mali ces derniers jours : Consolider l’ancrage de la France à Bamako pour préserver une main mise sur la situation dans le pays, et ainsi préserver les positions acquises pour l’accès aux matières premières, et ainsi poursuivre sa politique de spoliation des richesses naturelles de la région, condamnant les populations locales à toujours plus de misère. Loin, très loin, des prétendues velléités humanistes de lutte contre le terrorisme affichées en façade.

Source : revolutionpermanente.fr

Vous allez aimer lire ces articles

Présidentielle au Burkina Faso: faute de consensus, le CDP ne déposera pas de recours

Tchad: les victimes des atrocités du régime de Hissène Habré se souviennent

SOMMET VIRTUEL G5-SAHEL-UNION EUROPÉENNE : L’ALLEGEMENT DE LA DETTE  DES PAYS  AFRICAINS FACE A LA CRISE DU COVID-19  ENVISAGE

No Comments Yet

Leave a Reply

Your email address will not be published.

Ecoutez la radio sur vos mobiles et tablettes
ORTM en direct Africable en direct