Une quarantaine de journalistes venus des différents pays de la CEDEAO, ont pris part, du 26 au 29 novembre dernier, à Monrovia, au Liberia, à un atelier de formation sur les Crimes économiques et financiers,  au siège de la Banque Centrale de ce pays. La session organisée par  leGroupe Intergouvernemental d’Action contre le Blanchiment  d’Argent en Afrique de l’Ouest (GIABA) a permis  aux participants de se familiariser avec les concepts liés aux crimes économiques.

 

Le Groupe Intergouvernemental d’Action contre le Blanchiment d’ Argent en Afrique de l’Ouest (GIABA), Institution spécialisée de la CEDEAO mise en place en 2000 par la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement ouest-africains, avec pour mandat de protéger les économies des Etats contre le blanchiment  des produits de crime,   à travers cette rencontre entendait former des journalistes compétents et expérimentés qui auront une connaissance générale sur le Blanchiment de Capitaux (BC) et le Financement du Terrorisme (FT).

Il s’agissait, donc avant toute chose, d’aider les participants à produire des rapports et articles/éléments de qualité sur les questions de Lutte contre le Blanchiment de Capitaux et le Financement du (LBC/FT) et améliorer le réseau de journalistes qui diffusera des informations factuelles sur les développements de la LBC/FT en Afrique de l’Ouest.

A l’ouverture des travaux, le ministre par intérim des affaires fiscales du Libéria, Samora P.Z. Wolokolé  dira que son pays est honoré d’abriter cette formation, qui constitue un canal important de la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme.

Quant au représentant du Directeur général du GIABA, Alphousseyni Diamanka, il a souligné que « le mandat du GIABA vise à protéger les économies des Etats ouest africains contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme… Le GIABA cible plusieurs acteurs de la société pour les formations, a indiqué le représentant du DG. Il y a des formations à l’intention des juges, des procureurs et des enquêteurs, la société civile et celle qui a réuni les journalistes en général et les journalistes d’investigation en particulier, afin de s’assurer que le message de la lutte contre le blanchiment des capitaux et du financement du terrorisme, puisse atteindre les coins les plus reculés de l’Afrique et du monde« .

Le Coordinateur-Gestionnaire du Centre d’information du GIABA, à Lagos, Timothy Melaye, a insisté sur «  le manque d’engagement politique fort dans certains pays, de faibles financements, une assistance technique faible et la barrière de la langue. Il a également touché du doigt les préoccupations relatives au cadre juridique et légal dans les Etats, ainsi que la mauvaise gestion des données « .

Il faut souligner que le blanchiment de capitaux  constitue un phénomène complexe ayant de graves répercussions sur les développements politique, social, économique des pays à l’échelle du monde. Il facilite le crime et la corruption qui sont l’antithèse du développement durable. De façon spécifique, le blanchiment de capitaux nuit au développement des institutions. Malheureusement, selon le GIABA, les pays en développement font face à des risques disproportionnés en raison de leurs faibles capacités à lutter contre le phénomène. Les 20 dernières années ont été marquées par des efforts ainsi qu’une collaboration accrue pour lutter contre le blanchiment de capitaux et les autres formes de crime organisé qui sévissent dans la société.

C’est en reconnaissance du rôle capital des média que depuis sa création, le GIABA mobilise les journalistes par le biais d’un programme sensibilisation  afin de faciliter leur compréhension  des questions de lutte contre la blanchiment et le financement du terrorisme.

Au cours de cette formation, plusieurs thématiques ont été développées par les experts en la matière. Il s’agit, entre autres, des « Méthodes efficaces de production de rapport sur les crimes et infractions sous-jacentes au blanchiment des capitaux et du financement du terrorisme ;  Guides pratiques de rédaction des grandes lignes d’une enquête sur un cas fictif de crime économique et financier ; Utilisation des nouvelles technologies dans le cadre du journalisme d’investigation : prospective internationale et régionale, etc « .

Ces thèmes ont été présentés notamment par Pr Bisi Olawuyi, du département communication, langue, art de l’Université de Ibadan au  Nigeria, Pr Abigail Ogwezzy-Ndisika, cheffe du Département Communication de l’Université de Lagos et Lassine Fofana, rédacteur en chef de la RTI et certains responsables du GIABA.

Envoyé spécial Youssouf Camara

Source: l’Indépendant