Cinq nouveaux cas de coronavirus ont été confirmés jeudi 12 mars au Sénégal. Il s’agit de membres de la famille du ressortissant sénégalais rentré d’Italie la semaine dernière, résidant à Touba. Touba, c’est la ville sainte de la confrérie religieuse des Mourides, deuxième localité du pays en nombre d’habitants. Elle doit accueillir la semaine prochaine (le 22 mars) un important rassemblement religieux. Pour l’heure, ni les autorités, ni les chefs religieux n’ont annoncé de report ou d’annulation. Mais ces nouveaux cas relancent le débat.

 

Fin de la prière à la mosquée mouride du quartier de Grand Dakar. Les fidèles préparent le rassemblement du « Kazu Rajab », prévu le 22 mars à Touba. Cet hommage commémore l’anniversaire de la naissance du deuxième khalife de la confrérie, et attire des dizaines de milliers de pèlerins.

Mamadou Gningue ira. Pas question pour lui de changer ses plans : « On veut partir. Même si on a une épidémie partout dans le monde, il faut gérer ça. On peut éviter les contacts avec les gens. On va partir, c’est notre religion. »

« On doit annuler pour cette année »

L’imam de la mosquée, Abdoulaye Seye lui, rappelle régulièrement aux fidèles les règles d’hygiène de base. Quoi qu’il en soit, il suivra le « ndiguel », la consigne du khalife général des mourides. « On est en train de préparer le rassemblement. Nous, les mourides, on suit le «ndiguel». Comme le Prophète le disait, quand il y a des maladies, le marabout sait ce qu’il est bon de faire ».

Mais d’autres fidèles mourides, plus discrètement, s’inquiètent de la propagation du virus. Comme cet homme, qui préfère rester anonyme. « Avec les problèmes qu’on a en ce moment, je pense qu’on doit annuler pour cette année. »

Une position partagée par le directeur d’Amnesty International Sénégal. Seydi Gassama appelle les autorités à avoir « le courage de demander aux chefs religieux d’annuler ou de reporter tous les grands évènements à venir ».

Source : RFI