La plateforme politique Sénegaal BI NU BEGG : Le Sénégal contre le blocus contre le Mali

« Une fois encore les Chefs d’État de la CEDEAO se montrent incapables de bien lire les signes de l’évolution de l’histoire.  Ce qui s’est passé au Mali est le résultat d’une insurrection populaire, venue dénoncer la crise de gouvernance et l’incapacité du Président Ibrahim Boubacar Keita à trouver une solution aux problèmes multiformes auxquels le Mali fait face ». C’est par ces propos on ne peut être plus claire que la Plateforme politique Senegaal Bi nu begg a introduit un communiqué dans laquelle, elle invite les autorités sénégalaises à ne pas associé le Sénégal à un blocus économique et commercial contre le Mali.

 

« La CEDEAO est pourtant bien placée pour comprendre que la crise malienne n’est  pas seulement un épiphénomène ou une confrontation politique entre le pouvoir et l’opposition, mais une véritable crise sociale qui ne pourrait trouver son dénouement qu’en écoutant le peuple malien », indique d’entrée de jeu le communiqué. Avant de rappeler que «  pas moins de 5 chefs d’État et anciens Chefs d’État de la CEDEAO se sont rendus au Mali pour trouver une solution, en vain ». Le communiqué indique que « la raison de leur échec vient du fait qu’ils n’ont pas cherché à agir dans l’intérêt du peuple malien, mais à sauver le pouvoir d’un Président qui n’avait plus aucune légitimité ».

Et, fort de ce constat, la Plateforme estime que « la CEDEAO ne semble pas avoir compris la profondeur de la crise malienne ». Selon la Plateforme, « elle s’est donc trompée dans l’évaluation de la situation ». Pour cela, elle a déclaré que « les sanctions prises contre le Mali sont une mauvaise solution. Elles sont excessives, disproportionnées et contreproductives ».

Violation du Protocole A/SP1/12/01 de la CEDEAO et de la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples  par les Chefs d’Etat

La Plateforme a rappelé que « les Chefs d’État de la CEDEAO invoquent le Protocole A/SP1/12/01 sur la Démocratie et la Bonne Gouvernance pour prendre des  sanctions. Pourtant celles-ci vont au-delà du Protocole qui, en son Article 45 (2) limite les sanctions à trois niveaux (i) Refus de soutenir les candidatures présentées par l’État membre concerné à des postes électifs dans les organisations internationales ;  (ii) Refus de tenir toute réunion de la CEDEAO dans l’État membre concerné ; ii) Suspension de l’État membre concerné dans toutes les Instances de la CEDEAO ; (iv) pendant la suspension, l’État sanctionné continue d’être tenu au paiement des cotisations de la période de suspension ».

La Plateforme a estimé qu’ « en décidant, entre autres, de fermer les frontières avec le Mali et de suspendre toutes transactions économiques et commerciales avec ce pays, la CEDEAO court le risque d’asphyxier le Mali et d’aggraver la situation économique et sociale déjà durement touchée par la COVID 19 et près d’une décennie de crises ». Et, de soutenir que « la CEDEAO ne viole pas d’ailleurs seulement son propre Protocole. Elle se met aussi en porte-à-faux avec la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples ».  Et, plus grave, La Plateforme a estimé que « de surcroit, rien dans la situation actuelle au Mali, ne saurait justifier la demande d’une ‘’montée en puissance de la force de la CEDEAO’’ ».

La Plateforme constate que « la CEDEAO feint d’ignorer que le Mali est dans une impasse dangereuse sans qu’aucune alternative crédible n’ait été proposée par le Président IBK ou par la classe politique ». Et, de rappeler à l’Institution régionale que « devant les risques graves qu’une crispation durable de la situation politique pourrait avoir sur le Mali, notamment en termes de pertes possibles de vies humaines si d’autres manifestations devaient  être organisées dans les prochaines semaines, l’armée malienne a pris ses responsabilités pour imposer la solution qu’elle estime la plus réaliste ».

Au regard de cela, elle a estimé que « la CEDEAO doit réajuster sa position pour sauver le Mali et toute l’Afrique de l’Ouest ». La Plateforme invite la CEDEAO à «  se rendre à l’évidence ». Selon elle, « la page d’IBK est tournée et aucune manœuvre ne devrait être engagée pour tenter de le réinstaller au pouvoir. Le Peuple malien rejetterait une telle option et l’armée pourrait connaitre de graves divisions qui l’affaibliraient davantage et la rendraient incapable de faire face à ses missions sécuritaires notamment contre les JIhadistes au Nord du pays ».

Certains pays de la CEDEAO… les appliquent avec une précipitation suspecte…dans leurs propres intérêts 

En outre, devant la complexité de la situation et les risques qu’elle fait courir au peuple malien et à l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest, « la Plateforme Senegaal Bi Nu Begg  invite le Président Macky Sall à user de toute son influence pour infléchir les décisions de la CEDEAO  dans le sens de l’ouverture du dialogue et de la concertation avec toutes les parties prenantes à la crise ». La Plateforme a proposé que « la CEDEAO devrait créer les conditions pour accompagner les parties prenantes maliennes dans le cadre d’une transition apaisée, sur une durée réaliste à déterminer  par les maliens eux-mêmes ».

Et, « au regard l’histoire, de la géographie et de la profondeur et l’intensité des relations économiques et commerciales que le Mali partage avec le Sénégal », la Plateforme pense que, «  le Président Macky Sall devrait imposer son leadership pour prendre vis-à-vis du Mali une posture qui met toujours en avant les intérêts des peuples sénégalais et maliens ».

La plateforme Senegaal Bi Nu Begg a « exhorté le Président Macky Sall à ne pas appliquer les décisions de fermeture des frontières et de blocus économique contre le Mali ». Selon la Plateforme, « près de 80% des marchandises consommées au Mali transitent par le port de Dakar ou sortent des usines sénégalaises. Cette relation économique unique que nous devons à notre histoire commune et à la volonté de nos peuples et nos dirigeants devrait être préservée à tout prix ».

La plateforme pense qu’il des velléités de pays de CEDEAO de profiter de cette crise pour tirer profit du Mali. « Certains pays de la CEDEAO qui imposent ces décisions et les appliquent avec une précipitation suspecte ne le font pas dans l’intérêt du peuple malien, encore moins dans celle des peuples de la CEDEAO, mais dans leurs propres intérêts », accusé la Plateforme. Avant d’inviter le Président Sénégalais à ne pas les suivre. « Il ne faut absolument pas les suivre dans cette aventure », a souhaité la Plateforme. Avant de «  réaffirmer sa solidarité avec le Peuple malien » et  à indiquer qu’elle « ne ménagera aucun effort pour l’aider à traverser cette épreuve ».

« La Plateforme ne doute pas que le peuple malien saura trouver dans son passé glorieux, dont la formidable épopée de l’empire du Mandé et de la Charte de Kurukan Fuga sont parmi les meilleures illustrations, les ressorts nécessaires pour réussir un sursaut patriotique salvateur », conclu le communiqué sur une note d’espoir.

Assane Koné

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