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Recherché par le Burkina dans une enquête pour assassinat, le frère de Blaise Compaoré arrêté en France

BURKINA Il est réclamé par la justice burkinabè depuis mai 2017 dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat du journaliste d’investigation Norbert Zongo…

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François Compaoré, le frère cadet de l’ex-président burkinabè Blaise Compaoré, à Ouagadougou en novembre 2012. — Ahmed OUOBA / AFP

François Compaoré, frère du président déchu burkinabè Blaise Compaoré, a été arrêté dimanche à sa descente d’avion à l’aéroport parisien de Roissy, en vertu d’un mandat d’arrêt international délivré par le Burkina Faso dans l’enquête sur l’assassinat en 1998 d’un célèbre journaliste critique du pouvoir.

Ce frère cadet de l’ex-président, un des personnages les plus impopulaires des 27 ans du régime Compaoré, est réclamé par la justice burkinabè depuis mai 2017 dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat du journaliste d’investigation Norbert Zongo et de trois compagnons de voyage. François Compaoré, 63 ans, est poursuivi pour « incitation à assassinats », selon un avocat de la famille Zongo. Joint par l’AFP, Me Bénéwendé Sankara s’est déclaré « très heureux », « très soulagé de le savoir aux arrêts ».

« Le pouvoir ne parvient pas à retenir de charges contre Blaise Compaoré »

Citoyen ivoirien résidant en France, François Compaoré est rentré à Paris dimanche matin depuis Abidjan. Il s’est vu notifier ce mandat d’arrêt à sa descente du vol, selon une source aéroportuaire et son avocat, confirmant une information de Jeune Afrique. Retenu par la police aux frontières, il devrait être présenté au parquet général de Paris lundi pour statuer sur sa situation en France au cours de la procédure d’extradition, a déclaré son conseil, Me Pierre-Olivier Sur.

François Compaoré « a été entendu trois fois par la commission d’enquête internationale et trois autres fois par une juridiction d’instruction au Burkina, or chacune de ces deux procédures l’a disculpé » dans ce dossier, fait valoir son avocat en France. « Le pouvoir en place, qui ne parvient pas à retenir de charges contre Blaise Compaoré, change aujourd’hui son fusil d’épaule et accuse son frère », estime Me Sur. « Comme dit la fable : « “si ce n’est toi, c’est donc ton frère” ».

La mort du journaliste avait ouvert une crise politique et sociale

Directeur de publication de l’hebdomadaire L’Indépendant, Norbert Zongo et trois autres personnes avaient été retrouvés morts carbonisés dans leur véhicule le 13 décembre 1998 dans le sud du Burkina.

Auteur de plusieurs enquêtes retentissantes dénonçant la mauvaise gouvernance sous le régime Compaoré, le journaliste travaillait, au moment de son assassinat, sur la mort du chauffeur de François Compaoré, conseiller économique du chef de l’Etat et surnommé le « petit président ».

« Nous osons espérer que les autorités françaises vont mesurer la portée de cette affaire et bien vouloir procéder à son extradition », a déclaré à l’AFP Laurent Poda, procureur général burkinabè. « Nous estimons que sa présence dans ce dossier emblématique mérite qu’il puisse être là, pour la manifestation de la vérité », a-t-il ajouté.

L’affaire Zongo, « c’est une quête de vérité et de justice des Burkinabè, qui sont extrêmement attachés à ce dossier », selon l’avocat de la famille de Norbert Zongo. La mort du journaliste, célèbre pour ses positions critiques vis-à-vis du pouvoir, avait ouvert une crise politique et sociale dans le pays et provoqué de vives protestations internationales.

Source: 20minutes

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