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Réparation des dommages de la « guerre des Six Jours » en RDC : Les victimes attendent toujours leur indemnisation

Dix-neuf ans après la guerre des six jours ayant fait plus de 1000 morts et 3000 blessés dans un affrontement violent à armes lourdes, les victimes de ce calvaire attendent toujours la réparation des dommages déclarée par la cour internationale de justice (CIJ) en 2005.

 

Alors que la cour internationale de justice (CIJ) avait rendu un arrêt  en 2005, condamnant l’Ouganda  à verser plusieurs milliards de dollars pour la réparation du  préjudice causé lors de l’affrontement à l’arme lourde entre les forces rwandaises et ougandaises qui apportaient jusque-là selon jeune Afrique, un appui militaire aux groupes rebelles hostiles au pouvoir de Laurant-Désiré Kabila en RDC. Estimé à 1000 morts et près de 3000 blessés sans compter les dégâts matériaux importants dans une ville en grande partie détruite, les victimes de cette tragédie du 5 au 10 juin 2000 à Kisangani attendent toujours, après dix-neuf ans leur indemnisation.   La famille des victimes réunie dans un collectif dont le porte-parole est Aline Engbe, 12 ans à l’époque des faits, estime que la communauté internationale est complice de cette impunité. Selon la rescapée qui a raconté son calvaire à jeune Afrique, c’était vraiment dramatique : « des éléments des troupes rwandaises   sont … venus jusqu’à notre maison, en nous demandant de quitter les lieux temporairement par ce que les affrontements avaient gagné en intensité. Sur la route, nous avons vu des cadavres partout, des enfants pleuraient ». Elle dira que pour sa part, il ne s’agissait que de dégâts matériels : « mais ce n’était pas facile à vivre. On passait notre temps à faire des prières, parfois même jusqu’à 30 par jour… Il n’y avait pas d’électricité, encore moins d’eau. Nous ne mangions que du manioc ». Selon toujours la rescapée interrogée par jeune Afrique, il y’ en a qui vivent toujours avec des traumatismes physiques, qui ont laissé leurs jambes ou vivent avec des éclats d’obus dans leur corps, mais dira-t-elle que « le gouvernement n’a répondu à aucun de nos plaidoyers. Après la guerre, une commission devait recenser les victimes. Des jetons avaient même été remis aux familles qui avaient subi des préjudices physiques, mais jusqu’ici, le gouvernement ne nous a versé aucun dollar. Il n’y a pas eu de réparation et je pense que cette situation est loin d’être finie ». La porte-parole déplore   que « quand nous voyons les autorités de la république s’incliner devant les mémoriaux dans d’autres pays », s’interroge-t-elle   que « pourquoi ne pas commencer par ici, en construire par exemple un monument en mémoire de toutes les victimes de cette guerre ? ».  C’est pourquoi elle demande que le gouvernement s’acquitte des réparations et construise un mémorial en hommage à toutes les victimes. À noter lors de ces six jours à Kisangani, plus de 6000 obus ont été jetés dans la ville faisant près de 1000 morts et 3000 autres blessés.

ISSA DJIGUIBA

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