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La 3e licence de téléphonie mobile attribuée à l’homme d’affaire burkinabé, Apollinaire Compaoré, dans des conditions opaques et qui n’est pas parvenu depuis 5 mois à payer le reliquat des 55 milliards de F CFA est l’une des premières grandes épreuves à laquelle sera confronté le gouvernement OTL.

En juin 2011, le régime d’ATT lançait le processus d’attribution de la 3e licence globale de téléphonie mobile dans notre pays. Après différentes péripéties ayant conduit à l’annulation du premier appel d’offres jugé infructueux, le gouvernement de la transition dirigé par le Premier ministre de plein pouvoir Cheick Modibo Diarra a remis ça. A la suite d’un nouvel appel d’offres, le conseil des ministres du 16 février 2013 déclarait adjudicataire pour 55 milliards de F CFA (60 % du  capital) le groupement Planor-Afrique-Monaco Télécom-Cessé Komé  à des multinationales de la téléphonie comme Bharti Arti (Inde), Vietel (Vietnam).

Le groupement Planor-Afrique Monaco Télécom-Cessé Komé avec 60 % des capitaux de la 3e licence devait effectuer un premier versement de 33 milliards de F CFA dès la signature du contrat et le reliquat dans 3 mois. Mais le dossier est loin de révéler tous ses secrets. Par un jeu de combine, l’homme d’affaire malien Cessé Komé a été écarté laissant le champ libre à M. Compaoré. La raison évoquée est la défaillance de M. Komé membre du groupement Planor-Afrique Monaco Télécom dont le promoteur n’a pas connu le même sort.

Apollinaire Compaoré autorisé à faire cavalier seul a payé par un simple jeu d’écriture dans un compte de la Bcéao Mali, 33 milliards de F CFA sur le prix de cession de 55 milliards de F CFA à la signature du contrat en février 2013. Le cahier des charges prévoyait d’apurer les 22 milliards de F CFA dans 3 mois en mai 2013.

Le gouvernement de transition accusé

Le gouvernement de transition accusé de favoritisme et corruption dans cette affaire pour avoir accordé la licence à Planor-Afrique d’Apollinaire Compaoré qui a pris le nom commercial malien«  d’Alpha Télécom  », a fait un exercice d’explication déguisé en conférence de presse en juin dernier. Au cours de cette rencontre avec la presse, les ministres de l’Economie et des Finances, des Postes et des Nouvelles technologies, de la Communication, du Budget, avaient soutenu toute la transparence dans le processus d’adjudication de la 3e licence.

Pour ce qui est du paiement du reliquat des 22 milliards de F CFA, le ministre de l’Economie et des Finances Tiéna Coulibaly avait évoqué une clause du cahier des charges prévoyant un délai supplémentaire de 6 mois qui arrive à échéance le 13 novembre 2013. Cette date doit consacrer l’annulation de la 3e licence sans préjudice pour l’Etat malien, si Apollinaire Compaoré ne se mettait pas à jour, aux dires du ministre Tiéna Coulibaly.

Voilà où se trouve la situation de la 3e licence à ce jour. Si sous d’autres cieux, la licence de la téléphonie mobile est vendue rubis sur l’ongle, au Mali, elle se marchande sous fonds de corruption, payée en compte-gouttes et en dette.

Selon des investigations, les banques auxquelles s’était adossé le promoteur d’Alpha Télécom lui ont fait faux bond eu égard à toutes les informations relatives au manque de transparence. Ces faits sont corroborés par une mission du Vérificateur général dont le rapport demeure à ce jour un secret pour le Malien lambda. De source proche de M. Compaoré, il aurait payé 48 milliards de F CFA et serait à ce jour en retard de paiement de 7 milliards de F CFA sur le montant de 55 milliards de F CFA.

A 23 jours de l’échéance fatidique, l’opinion publique est à se demander quelles dispositions pratiques, le gouvernement d’Oumar Tatam Ly (OTL) prendra pour mettre un terme au bal des arnaqueurs. Malgré les dénonciations de corruption militaro civile dans cette affaire, rien d’officiel ne filtre à propos du sort réservé à la 3e licence.

Les regards sont plus que jamais tournés vers le président IBK dont l’une des composantes de sa feuille de route est de mettre fin à l’enrichissement des «  Maliens sur le dos des Maliens  »et qui a pour slogan favori, «  le Mali d’abord  ».

 

Source: Les Echos