Selon une étude réalisée au Mali, l’utilisation des méthodes de fertilisation organique-minérale permet d’obtenir jusqu’à 7 tonnes de riz/ha.
champ riz office du niger mali
Booster sa production est le souci de tout paysan, notamment le producteur de riz. Seulement, ces derniers sont souvent confrontés au problème de faibles revenus. Cela ne facilite pas l’achat des intrants. La situation des femmes qui exploitent généralement les bas-fonds est encore plus inquiétante. Une étude réalisée au Mali suggère une solution à cette préoccupation. Cette recherche vise à valoriser les résidus, détritus ainsi que la fumure organique d’origine animale ou végétale. En fait précise Baba Sidibe, agronome à l’Institut d’économie rurale (Ier) de Bamako au Mali, co-auteur, « Nous avons voulu contribuer en leur proposant l’utilisation des résidus des récoltes et la fumure organique qui peuvent être un plus pour l’amélioration de leur rendement ».

L’étude débutée en 2002 est un essai sur le long terme pour voir l’effet de la combinaison fertilisation organique-minérale dans le temps sur l’évolution de la fertilité du sol en éléments nutritifs et sur le rendement du riz ; et aussi la portée de la non-utilisation de l’engrais sur les mêmes aspects. Les résultats au bout de neuf années d’expérimentation (2002-2011) démontrent que lorsqu’on associe la fertilisation minérale à une fertilisation organique que ce soit la paille enfouie ou le fumier de parc, le rendement est mieux exprimé. Soit à peu près plus de 50% d’augmentation sur la fumure minérale ou la matière organique seulement. Cette association permet d’obtenir jusqu’à 7 tonnes/ha contre 5 tonnes/ha. « C’est clair que les deux ensembles font plus que la somme des deux », soutient Mohadou Kabirou Ndiaye, Program leader secteur du développement du riz, Africa Rice. Pour qui, « il y a une bonne interaction en matière de production mais en matière de conservation des sols, il y a encore un plus ».

L’intensification de la production dont il est question pour arriver à une autosuffisance alimentaire n’est plus seulement possible avec la fertilisation minérale. Les producteurs selon cette étude devront penser à l’association des deux sources pour le maintien de la fertilité du sol et l’amélioration du rendement du riz. Et de l’avis de Mohadou Kabirou Ndiaye, cela est faisable d’autant plus qu’il existe de techniques simples pour obtenir du Compost soit en enfouissant la paille, soit en récupérant dans un système agriculture-élevage, du fumier de parc. La recommandation n’est pas nouvelle, mais l’étude a permis de confirmer qu’en matière de maintien de la productivité, il faut de bonnes stratégies pour l’utilisation des sols et des engrais. Cette stratégie conclut Mohadou Ndiaye, doit être basée sur l’utilisation des bonnes semences, l’intégration de la matière organique et la fumure minérale.