Le lobbying individuel et collectif est incontournable pour rendre le projet du président Ibrahim Boubacar Keïta lisible et audible. Nous quittons tous les matins la maison, pour aller au travail au champ, au bureaux, à l’atelier, au chantier, requinqués par le « BONJOUR » et les bénédictions qui nous suivent sur notre chemin. Ce bain culturel nous prépare à la bonne communication au cours des 24 heures qui suivent. Nous n’avons plus d’a priori à l’égard de quiconque dans l’exécution des activités quotidiennes. Les « BONJOURS » réciproques sont autant de promesses que les Maliens produiront plus dans la journée pour assurer l’aisance dans les foyers, l’ardeur dans le cœur des jeunes d’apprendre plus de connaissances dans les écoles. Dans la tolérance et le respect réciproque.


La Justice ne laissera personne empiéter sur les droits de ses compatriotes à travailler dans la paix. Le fruit de l’effort personnel ne peut être spolié par la force par un forban. Nul n’est au-dessus de la loi. Les forces publiques garantiront à nous tous de vaquer à nos besoins de jour comme de nuit en toute sécurité. Il y a l’exigence de créer un environnement physique et psychologique nécessaire à l’épanouissement social et culturel. Il facilitera les échanges entre nous sur nos succès et nos problèmes.
Ces échanges seront fructueux si nous sommes correctement informés, à travers les réseaux de lobbying sur les dernières décisions politiques et administratives. Nous serons capables d’analyser les conséquences sur notre vie familiale et professionnelle. Le fait est avéré. Les Maliens et les Maliennes communiquent entre eux sur tous les sujets.

Mais les objectifs globaux ne sont pas la somme des objectifs individuels. Les problèmes globaux du Mali ne sont pas forcément une addition des problèmes des individus ou des collectivités villageoises. La sélection s’impose entre les programmes à impact immédiat et ceux dont la promesse des fleurs donneront des fruits plus tard. La pertinence des programmes à exécuter doit être expliquée aux populations. Sans leur adhésion la machine administrative, politique tournera à vide. Les budgets alloués seront dépensés sans obtenir les résultats escomptés.
L’efficacité de l’action gouvernementale repose nécessairement sur l’adhésion et la participation des Maliens. Je rappelle deux questions posées par Salif Sanogo, le directeur général de l’ORTM au président Keïta lors de leur entretien à l’occasion de la célébration de l’an I du second mandat du chef de l’Etat.
Il y a comme un nouvel état d’esprit de la jeunesse qui réclame une sorte de rédevabilité de la part du pouvoir public. Cela amène à avoir une bonne politique de communication de la part du gouvernement.
Ibrahim Boubacar Keïta: Elle a raison. Une jeunesse amorphe ne nous rassurerait pas du tout. Que notre jeunesse montre qu’elle est active, qu’elle sait demander quand il faut, qu’elle sait demander des comptes, pourquoi pas ! Cette histoire de «Sirako» ne m’a pas du tout inquiété. Je trouve que c’est très sain. L’agenda du chef du gouvernement a été rondement mené. Quand il a dialogué, la compréhension est venue. C’est ça la démocratie. Nous travaillons pour cette jeunesse là. On ne peut la craindre. Je ne suis pas un novice en politique. J’ai été un jeune militant moi aussi.

Qu’est-ce qui n’avait pas marché et qui avait amené les poussées de fièvre ?
Ibrahim Boubacar Keïta : La communication. Je dois dire que s’il y a un domaine où nous avons pêché, c’est sans ambages la communication. Nous avons été de piètres communicateurs. Fort heureusement, de bonnes volontés sont toujours à l’œuvre. Je pense à l’initiative des leaders religieux comme Chérif Ousmane Madani Haïdara, Mahmoud Dicko, le cardinal Jean Zerbo qui sont allés en mission en Europe pour expliquer que nous ne sommes pas en train d’exterminer un peuple. Il y avait une mauvaise information à ce niveau.
La sincérité du président Keïta dans son autocritique est salutaire. L’action gouvernementale ne doit-il pas traduire toutes les nuances du credo formulé par le président de la République dans son entretien avec l’ORTM ? N’a-t-il pas dévoilé la trame de son programme jusqu’à la fin de son deuxième mandat ? Il a déclaré : « Nous n’avons comme projet que le Mali ». Tout président de la République est son premier communicateur. Que faire pour que sa volonté résonne à tout instant dans le cœur et l’esprit des décideurs et des administrés ?
Le monde est devenu un village où « tout se sait, tout de suite, partout». La presse écrite malienne compte des dizaines de quotidiens, d’hebdomadaires, de mensuels. Le pays est couvert par plus d’une centaine de radios et près d’une vingtaine de télévisions. Nuit et jour, des dizaines de débats contradictoires doivent être organisés sur les radios et les chaînes de télévision. Ne faut-il pas modifier la loi sur le chef de file de l’opposition en instaurant une audience hebdomadaire avec le président de la République ?
Il ne s’agit plus de faire valoir le seul point de vue du pouvoir. La mission est d’assurer, Inch Allah, une fin glorieuse du deuxième mandat du président Ibrahim Boubacar Keïta. Le journaliste n’est pas toujours un communicateur. Mais il peut être l’outil d’une communication efficace et performante. A condition de l’alimenter avec des programmes qui suscitent la curiosité et l’adhésion des populations.
Le dicton enseigne que dans la brousse malienne « les pintades suivent et fixent la tête du chef de file sans désemparer». En bambara : «kami bè a niè moko n’ton dé filè». Les bonnes volontés crédibles peuplent tous les vestibules des anciens, les mosquées, les églises de notre pays.
Au Mali, les anciens présidents ont le statut de conseillers spéciaux du président de la République. Il peut les mettre en mission ou leur confier des dossiers. La mission confiée à l’ancien président Dioncounda Traoré est pertinente.
Le gouvernement est apte à faire savoir tout ce que le président met en œuvre. Tout de suite. Partout. Et faire remonter le feed back dans le temps souhaité.

Sékou Oumar DOUMBIA

Source: L’Essor-Mali