Au rebond : « Les coupables, c’est maintenant notre propre “moi”, notre propre “égo”, notre propre “mental égaré et enchaîné” comme au temps de l’esclavage… »

Réagissant à l’éditorial de notre édition du mercredi, 22 juin dernier intitulé « NE SURTOUT PAS SE LAISSER DEMORALISER », notre compatriote Boubacar Touré, juriste à Montréal (Canada), nous a fait parvenir les mots qui suivent, frappés au coin du bon sens et qui valent appel à dominer nos égos pour consacrer tous nos efforts à la reconstruction de l’Etat-nation malien.

 

Bonjour M. Diallo et merci pour cet éditorial qui est très intéressant.

C’est vraiment regrettable de constater le manque de culture politique, de cohérence dans le débat pour donner une nouvelle respiration à ce pays au moment où la cohésion est indispensable à notre survie existentielle. C’est encore dans ce contexte que le naturel chassé revient au galop, celui des calculs stratégiques et d’adversité. Toute cette agitation n’augure rien de rassurant pour la défense des intérêts du Mali, sauf la confirmation que les mœurs politiques n’évoluent pas au Mali. La caractéristique est le manque de maturité politique, du sens de l’Etat et de l’irresponsabilité endémique. Les espoirs fondés sur la prière voleront en éclats et le fatalisme sera l’opium du peuple pendant que les manipulateurs de la fibre religieuse prospérèrent sur le vendre des âmes vulnérables. Le chemin de la croix pour le futur du Mali est parsemé d’épines transformant des illusions en cauchemar si on n’adopte pas des vraies valeurs de sacrifice, de patriotisme et d’engagement constructif pour l’avenir de notre pays. Les coupables ne sont plus ceux qui sont désignés, mais c’est maintenant notre propre “moi”, notre propre “égo”,notre propre “mental égaré et enchaîné” comme au temps de l’esclavage qui a formaté le corps et l’esprit, dépersonnalisant toutes les fonctions créatrices humaines. Ce n’est plus la notion “être” remplacée par la notion “devenir”. L’initiative personnelle est remplacée par la séduction d’une projection du charme miroité par l’imaginaire de ressembler à l’autre, même au prix cher en de la prédation. Se pose la question fondamentale d’une identité malienne, laquelle est face à toutes les dérives socio-politiques et culturelles… L’échec de l’éducation, la perte des valeurs et des repères n’ont-ils pas sevré la vitalité de l’émergence d’une conscience nationale civilisatrice, l’expression de la fierté orientée vers un progrès social au service d’une dignité exemplaire ? Toutes nos œuvres doivent être consacrées à la reconstruction de l’Etat-nation malien. C’est le travail qui libère à la place des élucubrations provenant du spectacle sur les réseaux sociaux, les invectives, les calomnies, les injures : en un mot ceux qui transforment ce précieux outil d’information et de communication en forum de déshonneur.

Boubacar Touré

Source : Le National

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