Choqué, indigné, outré, consterné, abasourdi, étonné, frustré, dégoûté, étaient quelques qualificatifs qu’on pouvait lire ça et là après la déclaration tendancieuse du français Christophe SIVILLON, Directeur des Affaires Politiques du Bureau de la Minusma de Kidal.

 

Au delà de quelques communiqués qui, d’ailleurs le plus souvent, ne sont pas à la hauteur de l’affront, le silence de nos autorités, notamment :

 

– du Ministre de la Communication qui nous a habitué, pourtant, à cet exercice à chaque événement majeur de la vie nationale,

– du Ministre des Affaires Étrangères et de la Coopération Internationale qui a fait notre fierté en recadrant un leader de la CMA sur le respect de symboles de l’Etat.

Chacun autant qu’il soit a décidé de faire la carpe devant une situation aussi dramatique qui bafoue l’honneur et la dignité de toute une nation.

Messieurs les Ministres, cela ne vous ressemble pas.

Cette déclaration, au delà de son caractère incongru, suscite beaucoup d’interrogations.

1. La légèreté des mots du communiqué de clarification de M. Annadif est-elle le signe que la minusma ne désapprouve pas entièrement les propos du français ?

2. Christophe SIVILLON est-il en mission de la France dont on sait désormais le positionnement sur la question de KIDAL ?

3. Le Président et le gouvernement, par ce silence, ont-ils peur de froisser la France dont Sivillon est ressortissant, surtout à la veille de la convocation de nos chefs d’Etats à PAU ?

4. SIVILLON a t-il tout simplement exprimé publiquement une réalité connue et acceptée de nos autorités, à savoir que nous avions un pays voisin qui s’appelle Kidal ou Azawad ?

3. En tout état de cause, cette déclaration tenue par un français, non moins haut responsable de la Minusma, dans un contexte d’exaspération et de manque de résultat des forces internationales ( MINUSMA-BARKANE) où l’idée d’une duplicité voire complicité des forces étrangères avec les séparatistes suit son chemin, cette situation ne fera que raviver le sentiment anti français anti forces internationales.

Pourtant, il est urgent, au lieu de se morfondre dans un silence assourdissant, laissant l’opposition et l’Assemblée Nationale faire son travail, le gouvernement, pour l’honneur de notre pays, pour son unicité, pour la défense des valeurs de respects due au peuple malien, doit EXPULSER sans délai le FRANÇAIS Christophe SIVILLON.

Sans quoi, les rangs de ceux qui exigent le départ des forces internationales pour manque de résultats, complicité avec les séparatistes vont grossir avec les mobilisations en vue. Et pire, la population qui, de plus en plus, tentée de régler ses comptes, risque de s’attaquer à cette Institution qu’est LA MINUSMA.

Il est temps de se faire respecter, de faire respecter le Mali, son unité, son intégrité et ses symboles.

Dr Étienne Fakaba SISSOKO,
Professeur à la Faculté des Sciences Économiques et de Gestion
Chercheur au CRAPES