L’ISLAM AU MALI : GARDE – FOU OU CONDUCTEUR ?

L’islam est de loin, la religion dominante au mali (95% de musulmans).

 

A l’appel de l’iman DICKO qui est l’un de ses leaders charismatiques, les musulmans du MALI ont démontré leur force comme contre poids, chaque fois qu’une décision gouvernementale s’esttrouvée aux antipodes de leur religion ou des valeurs fondamentales de notre société. Ce leader charismatique nous le disions, est doublé du fervent patriote. Chaque fois qu’un danger menace la nation malienne, il sévit pour jouer sa partition en vue de la sauver. Tout ça c’est louable, honorable. Ce qui est regrettable, c’est que certains de ses “sympathisants“ ont franchi un pas de trop en érigeant l’Iman en chef de parti politique pour la quête du pouvoir, je pense humblement que cela n’est, ni dans son intérêt, ni dans celui du pays. On ne fait pas honneur à un arbitre en lui demandant de tronquer sa tenue contre le maillot.

A supposer que leur projet aboutisse. Je suis sûr que l’Imam DICKO en devenant le Président DICKO, perdrait au moins 50% de son influence et de sa crédibilité ; 50% de son efficacité car il serait obligé de consacrer 50% de son énergie à sauvegarder son fauteuil.

Les divisions et les rivalités seront plus prononcées au sein de la communauté musulmane du Mali. Et cela à un moment où on utilise l’Islam pour n’importe quel dessein. En général, les religieux du Mali ont la foi et sont de bonne foi, mais la déstabilisation du monde religieux serait d’autant plus dommageable que de nombreux croyants sont mobilisables par leur émotion et rarement, ils font appel à leur esprit de discernement et d’analyse. Il n’est pas interdit à un religieux de faire de la politique, mais donner une coloration religieuse à la gouvernance, c’est tout autre chose.

La maxime qui dit que « L’intérêt explique le comportement » est une vérité, elle l’est davantage en politique. Nous le savons car le malien est habitué maintenant à voir des Politiciens virer à 90 degrés.

L’idéal serait de laisser l’Imam jouer son rôle de garde – fou pour la bonne marche du pays.

A l’endroit de l’Imam lui – même, je rappelle que notre sagesse coutumière conseille de ne pas toujours tester sa popularité (mandia kôrôbô) sans citer quel qu’un, je peux affirmer que nous avons de nombreux exemples de Policiens dont la côte de popularité était au beau fixe et qui sont sortis des urnes avec des résultats dérisoires. J’ai apprécié le fait que l’Imam DICKO ait rappelé ses « sympathisants » à l’ordre en leur demandant de sursoir aux candidatures qui se préparaient en vue des législatives programmées. Il a donné ainsi une nouvelle preuve de sa sagesse.

Le pouvoir est corrosif, il corrompt. Ce dont les religieux du Mali ont besoin aujourd’hui, c’est surmonter leurs diversités et s’unir autour de la foi en dieu et du patriotisme.

L’ennemi nous poursuit. Il a déjà entamé la destruction de notre tissu social.

L’un de ses objectifs majeurs, c’est nous diviser et nous opposer sur le terrain confessionnel. Il peut exploiter l’orgueil, la vanité et l’amour propre des uns et des autres pour parvenir à son but. IL faut que l’ensemble des leaders religieux et des croyants soient attentifs à cet aspect du problème. Que dieu sauve le Mali !

 

 

Elhadj Drissa DOUMBIA

Ecrivain domicilié à Yirimadio

Bamako

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