Luttes « fratricides » entre « frères » terroristes : une chance pour le Mali et le Burkina Faso

Ce qui paraissait inconcevable il y a quelques semaines aux spécialistes est devenu une réalité quotidienne : les deux principaux groupes terroristes du Sahel passent désormais l’essentiel de leur temps à s’affronter. Après le Macina, c’est au tour du Gourma, du Soum et de l’Oudalan de s’enflammer.Et si, en révélant ainsi au grand jour l’imposture qu’est le terrorisme djihadiste, Iyad et Al Sarhaoui offraient une chance unique au Mali et au Burkina Faso ?

 

Chaque jour ou presque, les réseaux sociaux et la presse nous apprennent les nouveaux combats entre terroristes au Mali et au Burkina Faso. Les motos et les pick-up des terroristes venus de Kidal, d’In-Delimane, du Macina ou du Soum, se retrouvent dans le Gourma pour lutter contre d’autres terroristes : ceux de l’EIGS poursuivent ceux de la Katiba Macina ou d’Ansar Eddine, ceux du JNIM pourchassent ceux de Daesh. Fin mars, au sud de Boulikessi, près de la frontière du Burkina, l’EIGS dit avoir tué 35 terroristes du JNIM et avoir pris plusieurs véhicules. Du 15 au 18 avril, plusieurs jours de combats ont eu lieu près d’In-Tellit. Le 26 avril, les terroristes de l’EIGS auraient fait exploser une voiture piégée dans le camp de leurs « frères »du JNIM dans l’Oudalan. Depuis, les combats continuent.

En effet, le Ramadan ne veut rien dire pour ces hommes qui, lorsqu’ils ne se tuent pas, s’insultent par des communiquésrepris sur Twitter et Facebook. Abdul Hakim défie Kouffa, IyadAg Ghalyrépond à Sarhaoui.Dans une revue de Daesh parue début mai, Sarhaoui traite IyadAg Ghalyet ses hommes d’« apostats liés aux croisés », reprenant la rhétorique verbeuse de ceux qui ne connaissent rien à l’Islam et ont détruits les mausolées de la Cité des 333 Saints.

Pourtant,la situation actuelle peut être une chance pour le Mali et le Burkina. C’est une occasion unique pour les FDS et les FAMa de se débarrasser du fléau terroriste. Déjà, les FAMa viennent de se réinstaller à Labbezanga et les militaires du Mali et du Burkina Faso ont mené des opérations conjointes dans la zone de la frontière.  C’est aussi une occasion unique pour nos deux pays car de nombreux jeunes parmi ceux qui ont été trompés par l’imposture djihadiste se rendront compte de leur erreur. Ceux qui n’ont pas de sang sur les mains pourront retourner dans leurs villages. Les autres ont déjà goûté aux fruits de l’arbre de Zaqqoum.

 

Issa Bâ

@issaba170

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