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Qu’en penses-tu, Seïdina Oumar Dicko ?

L’apocalypse est annoncée au Mali sur les réseaux sociaux depuis quelques jours. Plus que par le passé, la cote d’alerte est atteinte avec les reproches en tous genres à l’endroit des forces françaises, de l’inertie des politiques et de l’hécatombe qui se profile pour le pays, en raison des attaques terroristes au Nord et au Centre. Or, dans le même temps, on constate que le phénomène de l’utilisation des réseaux sociaux se répand toujours à tous les niveaux et concerne tous les âges. Le Général de division Salif Traoré, ministre de la Sécurité et de la Protection civile a apporté un peu de baume au cœur des citoyens, car interpellé par les parlementaires, il a déclaré :  » Bientôt la fin du désordre et de l’usurpation sur les réseaux sociaux « .

 

Espérons simplement que ce ne soit pas un esimple effet d’annonce qui va tomber rapidement aux oubliettes comme de nombreux autres dossiers classés. En effet, le Gal Salif aura fort à faire dans un pays où les thèmes à l’ordre du jour sont développés avec une rare violence, sont de plusieurs natures, vouant aux gémonies les politiques nationaux, la force française et prédisant une catastrophe effrayante et indicible. Intuitivement beaucoup de communicateurs sociaux de chez nous,  » ne partagent plus des faits, mais de l’émotion « . A la manière d’un conteur traditionniste, ils l’ont vite compris, l’émotion est mieux captée. Dès lors, ils surfent sur l’incrédulité et/ou l’immaturité de leur auditoire. Un phénomène largement répandu dans  » le village planétaire  » et démontré par des études sérieuses, comme celles de l’Université d’Oxford. Simple effet de mode ou véritable fléau ? Notre pays est frappé de plein fouet, avec à la clé la parole qui s’est libérée, d’autant que l’impunité était garantie, jusquelà, pour les auteurs de diffamations, de calomnies, de preuves pré-fabriquées, dans un environnement en butte à une crise multiforme jamais égalée et à l’affaissement de l’Etat. Les réseaux sociaux ont même leurs stars appelées pompeusement  » activistes »  » lanceurs d’alertes « .

Quelques cas ont donné droit à des poursuites et à des condamnations, dont les auteurs, en détention désormais à la Maison Centrale d’Arrêt de Bamako et à Bolé (la prison pour femme), abandonnés par leurs fans d’hier et leurs commanditaires, méditent sur leurs sorts peu enviables. Quelques cas tristement célèbres justement ont choqué le pays foulant aux pieds nos valeurs Qu’on se rappelle les insultes virulentes et obscènes de pseudo « stars » maliennes ici et en Europe pour des motifs souvent futiles. Ailleurs sur les réseaux sociaux leurs cibles préférées : le chef de l’État et les chefs des partis de tous bords, les leaders religieux et d’opinion, les magistrats, bref aucun corps social n’est épargné. L’une des explications à ces lieux de défouloirs bon prix c’est que la parole a été longtemps comprimée par nos pesanteurs sociales, nos croyances débridées et mal comprises, la montée en puissance du vedettariat et de la starmania. S’y ajoutent la faiblesse de l’éducation familiale et de l’éducation scolaire entrainant une  » aculturation  » et une vulgarité jamais égalée. Au-delà, et en dehors des  » lièvres  » qu’ils ont parfois levés, les cas de  » bidonnage  » (fakes news chez les anglo-saxons) marqués en dehors de toute éthique et de toute morale sont les plus nombreux et les dégâts collatéraux aussi. C’est un phénomène connu des risques éventuels de l’utilisation de réseaux sociaux répertorié par une étude sérieuse :  » Comme l’exposition à du contenu non désiré, messages haineux et violents, cyber-harcèlement, perte de vie privée en raison d’une perte de contrôle sur des informations personnelles) « . Il est temps qu’on s’en offusque en haut lieu et qu’on mette en place des structures de détection de ces fausses nouvelles, des rumeurs avilissantes et que les auteurs soient traqués, jugés et condamnés à hauteur du mal qu’ils auront causé. Umberto Eco écrivain italien de renom écrit à ce propos, « Les réseaux sociaux ont donné le droit de parole à des légions d’imbéciles qui, avant, ne parlaient qu’au bar et ne causaient aucun tort à la collectivité. Aujourd’hui ils ont le même droit de parole qu’un prix Nobel. C’est l’invasion des imbéciles » s’insurge-t-il.

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Source: l’Indépendant

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