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Sans Tabou: violence au centre, à quoi a servi le PSIRC ?

La recrudescence des attaques meurtrières dans les localités de la région de Mopti, désignée péjorativement centre du Mali, par certains, depuis quelques mois, appelle à une évaluation objective du Plan de sécurisation de cette partie lancé en 2018 par les plus hautes autorités. Avec plus de 300 tués depuis le début de cette année, dans cette région il y a bien péril en la demeure.

 

Centre du Mali, avec comme épicentre la région de Mopti, continue d’être endeuillé, avec son cortège de traumatismes sur la population, malgré la mise en place d’un Plan de sécurisation intégrée pour ladite zone par le gouvernement. En effet, de janvier en juin, plus de 300 personnes ont perdu la vie lors des attaques terroristes et suite à l’explosion de divers engins improvisés. Ces faits détournent les préoccupations, les inquiétudes de la population sur les régions du centre.

La zone est progressivement devenue un lieu de non-droit où des mouvements radicaux et terroristes sont parvenus à assoir leur emprise. Pire, selon plusieurs informations concordantes, ils y trouvent un potentiel important de candidat au jihad. En effet, au cours des derniers mois, les menaces et attaques djihadistes à l’encontre des populations civiles et des forces de sécurité maliennes se sont intensifiées fragilisant dangereusement les bonnes relations historiques de voisinage entre les différentes communautés.

Pour prévenir ces attaques et violences, le Plan de sécurisation intégrée des régions du Centre (PSIRC) a été planifié en 2018 par l’ancien Premier ministre, Soumeylou Boubèye MAIGA (SBM) avec l’appui des partenaires techniques et financiers. Sa mise en œuvre a nécessité le déploiement d’un nombre important de forces armées et de sécurité sur le terrain dans les régions de Ségou et Mopti. Dans cette zone, conformément à la feuille de route concoctée, le PSIRC a créé des postes avancés de sécurité, doublé presque l’effectif des soldats dans la zone sans oublier les dotations de l’armée qui ont été également augmentées.

En dépit de tous ces efforts, les populations du centre continuent de subir des atrocités, des attaques meurtrières. L’espoir de sentir la présence de l’État, à travers les FAMA, pour empêcher les attaques entre communautés, est devenu un leurre. Parce que les barbares et les ennemis de la paix maintiennent toujours les populations sous la terreur, la psychose… Pire, le nombre de morts se compte désormais par dizaine voire par centaine parmi la population civile, à l’image du dernier drame qui a été perpétré à Sobane DA.

Ce village Dogon, dans la nuit du dimanche au lundi, a fait l’objet d’une agression sanglante où des dizaines de personnes ont trouvé la mort.

Avant celle-ci, il y a lieu les attaques de Koulongon, d’Ogossagou qui font fait au total plus de 200 morts. Selon le dernier rapport du Secrétaire général des Nations unies sur la situation sécuritaire du Mali, la région de Mopti est devenue, l’épicentre de la violence avec plus de 80 attaques ayant occasionné plus de 250 morts civils à la date du 30 mai. À ce jour, ce chiffre est revu à la hausse contrairement aux objectifs du Plan de sécurisation intégrée des régions du centre du pays. Il dépasse même la barre des 300 morts.

Cependant, au regard de l’ampleur des actes et leur recrudescence, il y a nécessité d’évaluer la mise en œuvre du Plan de sécurisation intégrée des régions du centre du pays pour plus d’efficacité.

Par Sikou BAH

Info-Matin

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