Depuis la tenue de son Assemblée générale le 10 janvier dernier la Fédération malienne de football (FMAFOOT) est secouée par l’une des crises les plus graves de son histoire, mais jusque-là, le ministre des Sports, Housseïni Amion Guindo n’avait jamais abordé la question et avait préféré garder le silence. Mais suite aux incidents qui ont émaillé le sit-in avorté des clubs et ligues contestataires mercredi (arrestation de plusieurs responsables de clubs par la police du 14è Arrondissement pour trouble à l’ordre public) et surtout les menaces qui pèsent désormais sur le championnat national, le premier responsable du département de tutelle a décidé de rompre le silence en organisant hier un point de presse au ministère des Sports.

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D’entrée de jeu, Housseïni Amion Guindo révélera que dès l’éclatement de la crise le 10 janvier, il a entrepris des démarches auprès des deux parties pour calmer le jeu et éviter le clash. «J’ai rencontré les deux parties séparément et c’est à l’issue de ces rencontres que le championnat national a été suspendu provisoirement pour permettre au monde du football de se concentrer sur la CAN 2015 qui se profilait à l’horizon, indiquera le ministre des Sports. A la fin de la CAN, nous avons repris les contacts mais par la suite, il y a eu un problème de communication et chacune des deux parties est revenue sur les concessions qui avaient faites de part et d’autre pour une reprogrammation de la 6è journée qui était la pomme de discorde».
«Dans cette crise, a assuré Housseïni Amion Guindo, je n’ai jamais pris position pour qui que ce soit, au contraire, j’ai toujours travaillé dans le sens de trouver la cohésion entre les acteurs. Le Mali n’a pas besoin de ça en ce moment, encore moins le football qui nous a apportés beaucoup de soulagements ces derniers mois avec le sacre des Aiglonnets à la CAN et la qualification des sélections nationales junior et cadette aux prochaines Coupes du monde de leur catégorie respective», insistera le ministre des Sports. Qu’envisage de faire le département de tutelle pour convaincre les clubs contestataires à reprendre le championnat, surtout après les graves incidents qui ont émaillé le sit-in de mercredi ? «Je ne peux que négocier, continuer la négociation avec les deux parties. En tant que ministre des Sports, je ne souhaite pas voir le championnat se dérouler avec seulement dix équipes au lieu de seize et je suis sûr que ce n’est pas non plus le souhait du président de la Fédération malienne de football qui est le premier responsable du football national. Il faut privilégier le dialogue, c’est la seule solution pour sortir de cette crise», répondra Housseïni Amion Guindo.
Tous les acteurs de cette crise doivent savoir que nous avons la ligne rouge qu’il ne faut pas franchir, insistera le ministre des Sports, avant de s’adresser personnellement au président de la Fédération malienne de football, Boubacar Baba Diarra. «Je rappelle que je suis membre d’une ligue qui a soutenu la candidature de Boubacar Baba Diarra lors de son élection à la tête de la fédération. Un président de fédération c’est comme un président de la République, tout le monde ne peut pas les aimer mais eux, ont le devoir de gérer tout le monde. Il faut qu’on trouve une solution qui peut sauver le championnat national, le football malien tout court. Je continuerai les négociations et j’ai la ferme conviction qu’on trouvera une solution», conclura Housseïni Amion Guindo.
Aujourd’hui, les clubs contestataires doivent également organiser un point de presse sur le sujet.
S. B. TOUNKARA

source : L Essor