Quatre ans après la signature de l’accord pour la paix et la réconciliation nationale, issu du processus d’Alger, entre l’Etat Malien et les groupes armés, le bilan de son application demeure mitigé. La détermination de Bamako à faire bouger les lignes se heurte souvent aux nombreuses violations de l’accord par certains mouvements armés.
À la suite des négociations entre le gouvernement et les groupes armés en Alger, un accord a été signé à Bamako le 15 juin 2015 sous la haute présidence du président de la République, Ibrahim Boubacar Keita. 15 juin 2015-15 juin 2019, l’accord pour la paix et la réconciliation nationale, issu du processus d’Alger, a quatre (4) ans.
Les avancés dans la mise en œuvre de l’accord


La détermination de Bamako a permis de donner un coup de pouce à la mise en œuvre de l’accord. Le gouvernement est parvenu dans un contexte difficile à obtenir la nomination et l’installation des différentes autorités intérimaires dans les régions du nord du pays.
C’est ainsi que sur proposition du gouvernement, le colonel Hassan Ag Fagaga de la CMA, ancien fidèle compagnon de feu Ibrahim Ag Bahanga, a été nommé président des autorités intérimaires dans la région de Kidal. Pour la région de Gao, un membre influent de la plateforme a été choisi comme président de l’assemblée régionale. Il s’agit de Djibrila Maïga, un fidèle de Me Harouna Toureh.
La cité des 333 saints est confiée à Boubacar Ould Hamadi de la CMA. Pour la région de Ménaka, la présidence est confiée au MSA. Il s’agit d’Abdoul Wahab Ag Ahmed Mohamed. Les autorités intérimaires de Taoudeni, quant elles, sont dirigées par Hamoudi Sidi Ahmed Aggada de la partie gouvernementale.
Plus de 74. 000 combattants recensés dans le cadre du DDR
Conformément aux clauses de l’accord pour la paix et la réconciliation nationale issu du processus d’Alger, la commission de désarmement, de démobilisation et de réintégration (DDR) a préenregistré, entre février 2018 et mars 2019, plus de 74.405 combattants dont 23.427 ont des armes. 17.000 ont rempli les critères d’éligibilité pour participer au processus de DDR.
Des cas violations de la part de la CMA
En plus des nombreuses violations du cessez-le-feu, la CMA est indexée pour sa mauvaise foi à faire bouger les lignes de l’accord. Ces violations se font souvent sous le regard impuissant de Bamako et les partenaires internationaux. À la surprise générale, la CMA a récemment publié un arsenal règlementaire régissant la vie courante de la société, adapté à ses cultes, à ses us et coutumes.
Cette réglementation fait une classification tripartite des catégories d’infractions à savoir : les contraventions, les délits et les crimes. Ces provocations de la CMA violent non seulement la constitution, mais aussi l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale issu du processus d’Alger. Elles interviennent au moment où l’application de l’Accord atteint sa vitesse de croisière avec le processus de DDR, le retour des déserteurs dans les casernes. Heureusement, la communauté internationale a tapé du poing sur la table pour faire revenir la CMA à la raison.
Y. Doumbia

Source: Le Débat