Crise sécuritaire au Mali : la difficile vie de la population melting-pot de Yorosso

À Yorosso, dans la région de Koutiala, au Mali, la vie perd son élan normal à cause de l’insécurité. Tous les secteurs d’activité étant fortement touchés, les populations locales appellent à l’aide.

Situé à une centaine de kilomètres de Koutiala, Yorosso a une superficie de 5 500 km² avec une population melting-pot estimée à 211 508 habitants, répartis entre 33 786 ménages, selon les derniers chiffres disponibles de l’Institut national de la statistique (Insat Mali, 2009).

Sa population est composée majoritairement de Minianka, de Bamanan, de Bwas, entre autres communautés maliennes. Dans ce cercle, l’activité principale est l’agriculture — dominée en grande partie par la culture du coton. Ce qui fait du cercle, selon M. Kalifa Goïta, chef de village de Yorosso le premier producteur de l’or blanc — en qualité et en quantité — dans la région de Koutiala.

Erigée en cercle depuis 1960, Yorosso est cependant confronté à d’énormes difficultés liées à la crise sécuritaire que traverse le pays, poursuit Kalifa Goïta. La route nationale (RN12), reliant Yorosso et Koutiala, est devenue le théâtre de plusieurs enlèvements, de braquages des personnes et de leurs biens, explique à Sahel Tribune M. Amadou Kassogué — 2e adjoint du Gouverneur. Des ambulances et des agents de santé sont fréquemment victimes d’engins explosifs sur ce tronçon, déplore-t-il.

Difficile accès aux services centraux de base

Cette situation d’insécurité a eu des conséquences directes sur la vie économique, sociale et culturelle de la localité : la fermeture de plus de 40 écoles, le retard dans le démarrage des travaux d’électrification du cercle par l’Énergie du Mali (EDM-SA), l’interruption des travaux d’entretien courants de la RN 12 et le retrait progressif des partenaires au développement, établit M. Kassogué.

En plus du problème de désenclavement dû à l’insécurité grandissante dans la zone, l’accès à la santé et à l’eau potable, ainsi qu’à d’autres services de développement, est également devenu une aventure de combattants. De ce fait, plusieurs voix déplorent la situation économique et sociale dans le cercle.

D’après les explications du chef de village de Yorosso, Kalifa Goïta, la ville ne compte pas plus de cinq puits d’eau. La SOMAGEP-SA (Société malienne de gestion d’eau potable) distribue de l’eau seulement entre 9 h et 16 h, a-t-il indiqué.

Quant à la fourniture d’électricité, le maire de la commune de Yorosso, Abdoulaye Goïta, a indiqué que l’électricité n’est accessible qu’entre 9 h et 12 h. Puis, de 18 h à 00H et le Kilowatt est débité à 250 FCFA. Il exhorte les autorités à poursuivre l’électrification de cette ville par EDM tout en assurant la sécurité des populations et de leurs biens dans la zone.

Volonté de venir en aide aux populations

De son côté, le deuxième adjoint du Gouverneur de Koutiala estime que l’espoir est toujours permis à Yorosso. Car, rassure-t-il, les autorités maliennes ont déjà exprimé leur volonté de venir en aide aux populations les plus vulnérables de ce cercle, composé de quatre arrondissements et neuf communes, dont 5 font frontière avec le Burkina Faso.

Mieux, faut-il le mentionner à titre informatif : 100 familles démunies ont bénéficié, le 6 décembre dernier, d’un important kit alimentaire lors du passage d’une délégation de la présidence conduite par le Colonel Assan Badiallo Touré, Conseillère spéciale du Président de la transition malienne.

Chiencoro Diarra

 Source: Sahel Tribune

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