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Déstabilisation planifiée de la société malienne : Création ex-nihilo de conflits inter-ethniques dans le centre

Le centre du Mali est actuellement à feu et à sang, non à cause de rivalités ou conflits interethniques, mais surtout et surtout en raison d’une planification diabolique dont le but est de créer le chaos dans le centre afin, d’une part, de faire oublier le nord pendant qu’on y installe les bases d’une scission future du pays et, d’autre part,  faire croire au monde que le Mali est ingouvernable dans sa forme actuelle.

Je préfère le vocable «monde» à l’expression «communauté internationale» qui est une construction sémantique désignant, de fait,  l’OTAN et ses alliés circonstanciels, comme le Qatar, l’Arabie Saoudite, le Bahreïn… Chaque fois que les journalistes utilisent l’expression «communauté internationale», si vous grattez un peu, vous retrouvez ces mêmes pays qui imposent leurs décisions au reste du monde. Et tout le monde n’y voit que du feu. On donne l’impression que la «communauté internationale» est le monde entier.

Dans le centre du Mali, on envoie des mercenaires massacrer des Peulhs ou Dogons en sachant que des querelles de voisinage ont toujours existé dans la région entre Peulhs nomades et Dogons sédentaires depuis des centaines d’années, sans déborder en massacres de masse.

Ainsi, on crée les conditions de vendettas perpétuelles entre ces communautés et, de proche en proche, on fabrique une poudrière. La fabrique de la zizanie. Heureusement, beaucoup de Dogons et Peuhls ont compris la manœuvre. Beaucoup de Maliens ont compris mais ils n’ont pas voix au chapitre.

Les personnes qui attaquent les villages peuhls sont habillées en Dogons, et vice-versa, ils parlent des dialectes inconnus au Mali, anglais ou français dont l’accent phonique indique qu’ils ne sont pas Maliens. Conséquence logique procédant de cette situation planifiée : on assènera au Mali des solutions de sortie de crise.

Là, on fait appel aux hommes monde. On tend le micro aux intellectuels verbeux totalitaristes comme Thomas Flichy, professeur d’histoire à l’Ecole spéciale militaire de Saint Çyr de Coëtquidan. Ce dernier, lors d’une conférence de l’OTAN, en novembre 2013, entouré d’autres terroristes intellectuels et militaires, préconise le fédéralisme pour le Mali.

Les autres délinquants intellectuels sont : Stéphane Baudens, Olivier Chantriaux, Amaury Colcombet, Jean-Baptiste Cousin, Thomas Flichy, Arnaud Griffon du Bellay, Pierre-Louis Lavie de Rande, Gregor Mathias, Jean-Eudes Miailhes, Jérôme Pâris, Antoine-Louis de Prémonville, Francis Simonis, Stéphane Taillat, et Anne-Sophie Traversac.

Ces gens roulent carrosse dans les capitales de pays de l’OTAN, notamment Paris, Bruxelles, Amsterdam, Washington, New York-Manhattan, Berne en Suisse (pays neutre (?))… Ils s’étouffent d’admiration pour eux-mêmes. Ils sont les Hommes monde qui, dans le secret de leurs esprits tordus, estiment que Dieu disposerait d’une intelligence toute relative.

Il a commis un péché originel pire que celui d’Adam en mettant autant de richesses dans le sous-sol africain. S’ils l’avaient pu, je vous fiche mon billet qu’ils auraient tenté un coup d’Etat contre Dieu soi-même. Heureusement, il  est invisible et il a le don d’ubiquité. La chance !

Le Mali n’a pas cette chance et on lui fond dessus pour réparer ce péché originel divin. Toute la problématique revient à une donnée simple : faire main basse sur les richesses du nord. Pour cette fin, depuis 1963, de façon récurrente,  quelques Touareg (je dis bien quelques) de la région de Kidal sont utilisés pour répandre de fausses informations sur l’attitude des autorités noires de Bamako à leur endroit.

Tout y passe : volonté d’appauvrissement du nord, racisme des Noirs du sud contre les Touareg, certains vont jusqu’à parler de génocide comme j’ai pu l’entendre dans l’émission «la parole est aux auditeurs» de Joan Gomes sur RFI, un jour de 2013 au plus fort de la crise. On leur donne des arguments à utiliser dans des médias complices. Le deal est le suivant : nous vous aidons à vous affranchir du pouvoir de Bamako, en contrepartie vous nous laisserez l’exploitation de vos ressources du sous-sol.

Quelques grands intellectuels français ont compris la manœuvre, tel André Bourgeot, anthropologue, Directeur de recherche au CNRS, mais eux sont rarement invités sur les plateaux de télévision parce qu’ils vont à contre-courant des idées vulgarisées par les pompeux cornichons du même acabit que les missi dominici de la soldatesque de Saint Cyr cités plus haut.

C’est ce même type de manipulation ethnique qui a débouché sur le génocide rwandais. Dans ce pays, je parle sous le contrôle de Boubacar Boris Diop, avant l’arrivée des colons et quand, parfois, il y avait des conflits entre villages, ce n’était des guerres tribales.

Les Tutsi, Hutu et Twa du village X entraient en conflit avec les Tutsi, Hutu et Twa du village Y. Donc il y avait des conflits entre les villages mais pas  de guerres interethniques. Mais les colons ont savamment manœuvré au point de transformer ces conflits qui pouvaient exister entre les villages en guerres tribales. On connaît la suite : l’abominable extermination des Tutsi en 1994. L’épouvante dans la forme et dans le fond. Une recette qui a bien marché au Rwanda. Pourquoi pas au Mali ?

Autre déboire pour le pays, il est gouverné par Monsieur subjonctif. En effet, le Mali est dirigé par un homme tout fier de plastronner partout qu’il sait user du subjonctif à merveille, il roule les mécaniques pendant que le pays brûle à la manière de Néron, l’empereur romain qui jouait à la lyre pendant que Rome brûlait.

Vous allez voir, pris dans son élan, il va nous créer le subjonctif passé troisième forme ou le futur postérieur. À sa décharge, on peut dire qu’il est arrivé au pouvoir après plusieurs décennies de gestion calamiteuse du pays commencée au temps du CMLN. Mais le Comité militaire de libération nationale (CMLN) avait formé une grande armée malienne, ce qui est à sa décharge. L’avènement de la démocratie libertaire, après la chute de Moussa Traoré, suite à une révolte générale, elle-même prise en otage par une révolution de palais, a été l’amorce de la descente aux enfers du pays.

Une succession au pouvoir d’ectoplasmes patibulaires, des pères Ubu, ridicules et risibles, d’une imbécilité antédiluvienne parce qu’ils n’ont roulé que pour eux en potentialisant la corruption qui a gangrené tout le tissu économique et social. Des poltrons, lascars, d’une scélératesse abyssale…

Des documents prouvent que les hommes commettant ces crimes dans le centre du Mali sont aidés dans leurs déplacements, parfois, par des hélicoptères. Quels hélicoptères ? Un compte-rendu de renseignement du 25 avril 2019, émanant de l’armée malienne et repris par le G5 Sahel, donne des détails sur les allées et venues d’un hélicoptère sur le lieu d’où des hommes (mercenaires) ont attaqué les villages de Dioura et Guiré. Cet hélicoptère a survolé deux fois la zone de Gomacoura dans la journée du 24 avril 2019 vers 10h00 et vers 16h00, a atterri dans un buisson près de Farabougou au milieu d’un dispositif temporaire des GAT (groupes armés terroristes). Je laisse la conclusion à Larba Israël Lompo, président de l’association « Oeil d’Afrik »:

«Enfin, il ne faut pas se leurrer, le terrorisme au G5 Sahel est un «new deal» pour l’accaparement des marchés par les entreprises françaises. Et ce scénario est bien clair. L’ex-ministre sénégalais de l’Energie Thierno Alassane Sall contraint à la démission pour avoir refusé de signer le contrat d’exploitation du pétrole et du gaz de son pays avec la France déclarait : «La France est prête à te faire la guerre, un coup d’Etat, ou à lever toute une rébellion pour imposer un contrat. Ils imposent leur deal et si tu ne veux pas tu dégages.»

Ce nouveau deal est d’ailleurs en parallèle avec l’émission frauduleuse de faux «vrais billets » de CFA au profit des groupes terroristes. Au milieu du XIXe siècle, l’émission des devises des grands pays européens industrialisés, tels que l’Angleterre, la France, l’Allemagne, l’Autriche et l’Italie, avait échu entre les mains des Rothschild. Gutle Schnapper, l’épouse de Mayer A. Rothschild, peu de temps avant sa mort, prononça cet aphorisme bien illustratif : «Si mes fils ne veulent pas la guerre, il n’y aura pas la guerre». La Guerre des monnaies, celle que la France utilise actuellement pour rester maître au G5 Sahel.»

Pour la conclusion partielle, j’appelle Aimé Césaire : «Une civilisation qui ruse avec ses propres principes est une civilisation moribonde.» Le fait est que nombre de grands dirigeants de la cinquième République rusent avec les principes de Liberté, Egalité, Fraternité qu’ils sont obligés d’employer en France ; dans le pré carré français en Afrique Francophone les mêmes utilisent les principes de Travail, Famille, Patrie. Fonctionnement schizophrénique : Docteur Jekyll en France et M. Hyde en Afrique. Démocrates à l’intérieur monstres froids et sans complexe en Afrique face à des dirigeants africains dont la plupart continue de jouer encore à la marelle… Les piteux… Et voilà. À vous de voir.

Yamadou Traoré, enseignant
Source : Nouvelle Libération

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