Edito : Que le folklore s’arrête enfin !

Au lieu de s’attaquer à la résolution des problèmes dès leur arrivée au pouvoir pour, selon eux, « rectifier la trajectoire de la transition », les efforts ont été consentis à accuser les autres d’être à l’origine de tous les malheurs du pays. Des manifs ont été financées par eux pour traiter les autres de tous les péchés d’Israël. On a l’impression que le pays est géré virtuellement. De grâce, on ne gère pas un pays confronté à une crise multidimensionnelle sur les réseaux sociaux. Ressaisissiez-vous car l’heure est grave. Nous sommes en guerre. Des hectares de champs de riz sont brûlés dans la zone de Niono. Avec un bilan de 33 personnes tuées (majoritairement des femmes, femmes enceintes, des enfants), à bord d’un bus, calcinées et plusieurs blessés par des hommes sans foi ni loi. Ce dimanche 05 décembre 2021 restera un jour d’honneur dans l’histoire du village de Songho (Bandiagara).

Des paisibles et pauvres populations sont laissées impuissamment à la merci de l’ennemi. Chaque jour, c’est de pire en pire. Le centre du Mali est devenu un far West à cause d’une insécurité quotidienne et récurrente sous un régime militaire où la sécurisation du territoire ne doit même pas être une question de priorité, mais une question d’honneur. Aucune action militaire de riposte à la taille de l’affront, de l’horreur et la désolation n’est perceptible. Au même moment, on assiste impuissamment à la danse des masques à Bamako ou le Premier ministre reçoit en audience une association qui dit avoir réuni plus de 4millions de signatures afin de proroger la Transition, n’arrive même pas à remplir une petite salle de conférence. Quelle escroquerie !

Des gens meurent chaque jour à cause de l’insécurité comme des mouches à l’intérieur du pays. Au même moment, des manifs et autres meetings de soutien aux autorités et de la prolongation de la durée de la Transition, financés à des coûts exorbitants, sont tenues à Bamako et environnants. Vraiment il est temps que le folklore s’arrête. Ce qui est dommage et qui caractérise l’inconscience de ce fait ressort de l’oubli que nous sommes en guerre. Contrairement au Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed qui était au front pour défendre son pays. Si seulement nos jeunes colonels de Kati (Assimi Goïta, Ismaël Wagué, Malick Diaw, Modibo Koné, Sadio Camara), des braves hommes de terrain, pouvaient comprendre que ce dont les Maliens ont besoin aujourd’hui c’est de les voir sur le terrain en train de libérer l’un après l’autre les villages occupés, même s’il faut momentanément transférer le bureau du Président-colonel  de la transition, Assimi Goïta, dans la Venise malienne (Mopti) où, à cause d’une insécurité grandissante et récurrente et quotidienne, l’Etat n’existe quasiment plus. Et que la population de Bandiagara, après des cris d’alerte et de mise en garde, a décrété la désobéissance civile avant-hier lundi 06 décembre 2021.

Nous avons beau acquérir des nouveaux aéronefs, tant que nos colonels restent sous les climatiseurs à Bamako, les terroristes continueront à gagner du terrain. Et ce n’est pas Vladimir Poutine qui va envoyer ses soldats mourir à la place des forces armées maliennes (FAMa) pour éviter que la ville de Bamako tombe entre les mains des groupes armés terroristes. Nous avons perdu trop de temps sous cette transition dans des propagandes politiciennes, alors que la situation sur le terrain ne fait qu’empirer. C’est devenu pratiquement culturel ces larmes de crocodile qui ne sortent que lorsque la peur de la menace se fait sentir. En tout cas, nous sommes en guerre, et nous avons le choix de la gagner, ou la perdre.

Aliou Touré

Source: Le Démocrate- Mali

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