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Editorial : Face à l’urgence sécuritaire

Une fois de plus, le Niger vient d’être frappé par une terrible attaque terroriste dirigée contre un camp militaire situé au nord-ouest du pays, près de la frontière avec le Mali, plus précisément à Inatès, une localité située dans le département de Téra (région de Tillabéri). Cet attentat, très meurtrier, peut-être le plus sanglant de tous les temps au Niger, porte la marque de toute une coalition des différents groupes djihadistes opérant dans l’espace sahélo-saharien depuis plusieurs années.

Comme vous le savez, le Niger, de par sa situation géographique qui fait de lui le point de jonction entre l’Afrique subsaharienne et l’Afrique du Nord, est très exposé à toute cette insécurité née du désordre créé par les inconséquences occidentales en Libye sans rechercher les conditions du retour de la paix et de la sécurité dans ce pays. En effet, les crises libyenne et malienne de 2012 ont plongé l’espace sahélien dans une insécurité totale, les attaques terroristes étant devenues monnaie courante avec leur cortège de deuils et de tristesse pour de nombreuses familles et autres proches parents. En plus de devoir faire face à son flanc nord-ouest, le Niger est aussi contraint de se protéger, du côté sud, des assauts meurtriers de Boko Haram.

L’immensité de l’espace et la porosité des frontières terrestres, la modicité des moyens humains, financiers, matériels et logistiques du pays, la grande capacité de nuisance des forces djihadistes et aussi leur grande mobilité grâce à leur connaissance pointue du terrain, ajouté aux solidarités tribales très agissantes au sein de ces groupes terroristes, sont là autant de difficultés pour une armée comme la nôtre de gagner seule cette bataille décisive. On dit souvent chez nous que la «plus belle fille ne peut donner que ce qu’elle a », les Forces Armées Nigériennes (FAN) auront été plus vaillantes dans des situations souvent très périlleuses. Elles seront même, parfois, allées jusqu’à la témérité, exactement comme dans la tragédie racinienne portée à son paroxysme dans «Britannicus». Mais, la vaillance ou la témérité ont leurs limites face au rapport de forces en présence et les héros les plus chevaleresques finissent souvent par périr !

Depuis bientôt cinq ans, la Force mixte du G5 Sahel en est simplement réduite à une existence virtuelle, ni le budget, ni la logistique n’ont été au rendez-vous à cause sans doute de la cupidité morbide des soi-disant grands de ce monde. Homme visionnaire, le Président Issoufou Mahamadou avait déjà, dès mars 2012, mis en garde la Communauté internationale sur les conséquences post-intervention en Libye en interpellant celle-ci sur sa responsabilité à assurer une sorte de ‘’service après-vente’’, c’est-à-dire de prévoir des solutions durables aux questions géostratégiques dans la région. Aujourd’hui, le Niger paie, lourdement et injustement, l’irresponsabilité de la Communauté internationale qui n’a jamais semblé assumer ses responsabilités face au chaos qui règne dans l’espace sahélo-saharien, plongeant ainsi la région dans une insécurité permanente Consacrant déjà près de 20% de son budget à cette guerre qu’il n’a pas voulue, souvent au détriment des secteurs sociaux de base (santé, éducation, agriculture, élevage), le Niger s’essouffle financièrement parlant, l’effort de guerre ’étreignant mortellement son économie.

S’activant et se démenant inlassablement, nuit et jour, le Chef de l’Etat n’aura cessé de multiplier les initiatives dans la recherche de solutions durables à la question sécuritaire actuelle. Il prenait déjà part à un sommet à Assouan, en Egypte, consacré à la paix, quand, soudain, dare-dare, il décida d’écourter son séjour cairote, suite à cette attaque terroriste afin de présider un conseil national de sécurité. Cette attaque terroriste survient à quelques jours de la tenue de la réunion convoquée par le Président français, Emmanuel Macron, à l’endroit des Chefs d’Etat des pays du G5 Sahel afin que ceux-ci ‘’clarifient leur position sur la présence de l’armée française au Sahel’’, une invitation qui avait plutôt l’air d’une convocation ! Ladite réunion vient d’être reportée suite à cette attaque meurtrière.

En tout état de cause, l’urgence de la situation sécuritaire commande aux Nigériens de resserrer les liens de l’unité nationale et de la cohésion sociale en mettant en sourdine, ne serait-ce que momentanément, les querelles byzantines afin de faire bloc derrière les autorités politiques et nos forces de défense et de sécurité, tout en priant le Tout-Puissant et le Tout- miséricordieux de nous donner la force nécessaire en ces circonstances douloureuses. L’heure n’est point à la chicanerie politique, et autres débats stériles qui ne sont, au finish, sources de division et de pertes d’énergie.

Par ma voix, l’ensemble de la Rédaction du quotidien ‘’Le Sahel’’ et du ‘’Sahel Dimanche’’, se joint au Président de la République, Chef Suprême des Armées, pour présenter leurs condoléances les plus attristées aux familles, parents et amis des valeureux combattants tombés sur le champ d’honneur et souhaitons que leur sacrifice ne demeure pas vain. Nos condoléances vont également au Chef suprême des armées, à l’institution elle-même ainsi qu’à tous les frères d’armes dans cette situation douloureuse.

Qu’Allah le Tout miséricordieux les agrée dans son royaume éternel, Amen !

Zakari Alzouma Coulibaly

Le Sahel

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