Depuis l’attaque de Sokolo qui a coûté la vie à une vingtaine de nos gendarmes, on parle, à nouveau, de la forêt du Wagadou (ou Ouagadou). Il s’agit d’une zone difficile d’accès et dans laquelle de dangereux terroristes ont trouvé refuge. À la suite de recherches effectuées, par nos soins, nous essayons, ici, de renseigner sur ce qu’est cette forêt à travers quelques artistes publiés.

La forêt du Wagadou est une zone située au Mali et frontalière de  la Mauritanie. Elle s’étend sur 110 kilomètres, sa largeur se situe entre 50 et 20 km selon les endroits. Elle appartient à 2 régions du Mali : Ségou et Mopti. La forêt se trouve au nord de Diabaly et Dioura et au sud de Nampala. C’est une zone presque inhabitée fréquentée par les bergers. Ce nom « forêt du Wagadou » est une ancienne appellation, en souvenir de l’empire du Ghana ou Wagadou qui occupait ces terres.
Au nord de la forêt, il y a deux groupes de mares temporaires : celles de l’ouest (Dounguel et une mare non habitée) et les rares de l’est (Zoumane et Feyadj). La forêt a été formée par les conditions offertes par des lacs d’hivernage et surtout par les rivières temporaires. Elle s’étend sur les communes de Diabaly, Nampalari, Dogofry (cercle de Niono, région de Ségou) et Kareri (cercle de Tenenkou, région de Mopti).


La forêt est poussée sur les rives d’un cours d’eau qui va du sud de la commune de Dogofry au nord de la commune de Kareri (Tenenkou). La forêt du Wagadou est une bande allant de l’Ouest vers l’Est. Elle commence à l’est du village de Farabougou (commune de Dogofry) et finit à la fraction touareg de Idakakan dans le Kareri.
Sikasso-Coura (est de Dogofry) est le point de départ de la rivière autour de laquelle poussa la forêt. Après 12 km de verdure en direction de l’Est, un cours d’eau arrose pendant les saisons des pluies la forêt. Ce cours d’eau est formé de 2 petites rivières qui se joignent au sud-est de la commune de Dogofry (région de Ségou) avant de rejoindre la forêt au sud de la commune de Dogofry. La rivière continue à l’Est et à 5 km, elle est traversée par la route Diabaly-Namapala. Après 3 km de parcours dans la direction orientale, la rivière principale située au cœur de la forêt rejoint un autre cours d’eau venant de Mabrouck Kebe (commune de Diabaly).
Après 20 km de trajet dans les bois vers l’Est, un cours d’eau venant d’une zone inhabitée du sud-ouest de la commune de Nampalari, jette ses eaux dans la forêt du Wagadou. La rivière et sa forêt continuent vers l’Est et reçoivent un autre cours d’eau venant du village de Boubama (Kareri), puis un autre cours d’eau venant du nord (Nampalari).
Après 20 km, il rejoint à 2 kilomètres à l’est de Feyadj un cours d’eau venant de Dioura (Kareri). La rivière commence à monter au nord vers les zones touaregs. Elle reçoit après 6 km de trajet le dernier cours d’eau venu du village de Semini (Kareri). La rivière et la forêt qui l’entourent prennent fin en zone touareg. Les localités qui y sont situées au nord et ce sont les fractions suivantes : Kel Antadiay, Kel Inbirit 1 et 2, Idakalan. Si l’on continue au nord, on rentre dans une zone inhabitée de la commune de Farimaké.
La forêt est une zone presqu’inhabitée fréquentée par les nomades. La végétation est dense et elle est dominée par des arbustes épineux. Les arbres, plus grands dans la partie est de la forêt, rendent la forêt plus sombre. On y trouve les espèces sahéliennes typiques (les acacia, Guiera, Boscia, Combretum, Cenchrus biflorus, Leptadenia pyrotechnica), les espèces liées aux milieux humides, le Borassus aethiopium (dont le bois a servi pour la construction de la mosquée de Djenné), le palmier doum d’Égypte. Il y a aussi un tissu herbacé bien fourni pendant la courte saison de la saison des pluies.
La faune très riche a été décimée par les braconnages, cependant il existe quelques spécimens de biches, de gazelles, etc. La forêt est traversée par la route qui quitte Dioura pour Toladji et Nampala et aussi la route qui relie Diabaly à Nampala. Du fait de sa densité et de sa dimension, Wadagou offre un refuge idéal pour les malfaiteurs, échappant à la surveillance satellitaire et aux frappes aériennes des armées conventionnelles. C’est dans cette forêt que s’est tenue la bataille de Wagadou le 24 juin 2011.
Youba Bathily avec overblog

Source : Nouvelle Libération