Farabougou : les populations toujours dans la hantise de représailles terroristes

L’armée malienne a libéré le village de Farabougou, le 22 octobre dernier, après deux semaines de siège imposé par des groupes armés présumés djihadistes. En effet, apprend-on, les Forces armées maliennes n’ont rencontré aucune résistance, lors de cette opération, conduite le vice-président de la transition, le Colonel Assimi Goita, le président du Conseil national du salut public (CNSP), la junte militaire qui a renversé le régime du Président IBK, le 18 août dernier. Mais, la crainte reste toujours vive chez les habitants qui redoutent des représailles.

« Farabougoukalafia », c’est le nom de l’opération qui a permis de libérer la localité de Farabougou, dans le cercle de Niono le 22 octobre dernier. Le village était sous la coupe réglée de groupes armés non identifiés depuis plus de deux semaines.

Le lundi dernier, l’aviation militaire malienne avait largué de vivres aux populations. Une médiation au niveau local, impliquant la mairie de Dogofry, des autorités coutumières et religieuses avait été engagée avec les assaillants présentés comme des djihadistes  par l’armée malienne.

En effet, les pourparlers n’ont pas porté fruit, prolongeant ainsi le siège du village réputé abriter des chasseurs dozos.

Au-delà de sa réputation guerrière, Farabougou est un village stratégique, le dernier frontalier de la Mauritanie, et donnant directement sur la forêt du Wagadu, base arrière de groupes liés au GSIM, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans dirigé par Iyad Ag Ghaly.

D’ailleurs, plusieurs attaques menées contre l’armée malienne ont été planifiées dans cette forêt.

L’identité des occupants de Farabougou n’est pas connue avec certitude. Mais les soupçons pèsent la Katiba Macina de Hamadoun Kouffa.

L’autre équation inconnue est de savoir : pourquoi les assaillants ont abandonné le village sans résistance quelques jours avant l’arrivée triomphale de l’armée malienne, menée par le colonel Assimi Goita, le vice-président de la transition et patron des forces spéciales opérant au centre du pays ? Faut-il y voir un lien avec le deal conclu début octobre avec la coalition djihadiste au Sahel, le GSIM ayant abouti à la libération de plus de 2000 présumés djihadistes en échange de Soumaila Cissé et trois autres otages étrangers ?

Les habitants de Farabougou et environ vivent toujours la peur au ventre, craignant des représailles après le retrait de l’armée.

Selon plusieurs sources locales, les hommes armés restent refugiés dans les environs du village et pourraient réapparaitre à tout moment.

Certes, les assaillants n’avaient porté aucune revendication particulière, mais au cours des deux semaines de blocus, des dizaines d’habitants ont été interpellés. Certains ont été relaxés, d’autres manquent toujours à l’appel.

 

Un habitant sous le couvert de l’anonymat estime que les assaillants veulent contraindre les villageois à quitter le village pour avoir la voie libre.

Farabougou est l’un des derniers villages frontaliers avec la Mauritanie. Malgré une forte présence de l’armée malienne dans la zone, des groupes armés attaquent régulièrement leurs positions avant de disparaitre dans la forêt avec souvent d’importantes munitions.

Aly BOCOUM

Source: Bamakonews

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