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Horreur au centre du Mali : Au moins 95 morts, 19 personnes disparues, des animaux abattus et des maisons incendiées

Des hommes armés ont encore semé la terreur. Après Koulogon, Dioura, Ogossagou, l’insécurité  vient de grossir le lot des veuves et des orphelins au centre du Mali, cette fois-ci,  dans le cercle de Bandiagara. Depuis le dimanche  9 juin 2019, Sangha pleure ses victimes. La barbarie humaine a encore frappé. En effet, l’attaque par des hommes armés  a fait une centaine de morts dans le hameau de culture Sobane Dah  du village de Koundou, dans la commune rurale de Sangha.

 

Un autre malheur, une autre grande perte, une autre dépopulation pour le Mali. L’insécurité a encore fait parler d’elle dans la partie exondée de la région de Mopti. En effet, le dimanche 9 juin 2019, de 17h jusqu’aux environs de 00h, le hameau de culture Sobane Dah  du village de Koundou, dans la commune rurale de Sangha, a fait l’objet d’une attaque meurtrière par des hommes armés. Le bilan est très lourd : plus d’une  centaine de morts. Selon le maire de Sangha, Ali DOLO, que nous avons joint au téléphone, 95 victimes calcinées ont été identifiées. « Celles-ci ne sont pas les seules victimes. Tout le reste est devenu  de la cendre », dit-il, les larmes aux yeux, d’un ton très pessimiste. À en croire le Maire Dolo, le village a été encerclé et incendié par les hommes armés. «Sur 300 personnes dans le hameau, pour le moment, c’est seulement 50 personnes qui ont répondu à l’appel », nous confie Ali Dolo d’une voix basse. Avant de terminer, le maire Dolo a invité le gouvernement à une prise en charge psychologique en faveur des rescapés.

Au moment de nos conversations avec le maire de Sangha hier dans la matinée, les autorités de Bandiagara et de Mopti n’étaient pas encore sur place. Seule la garde républicaine y était, selon notre interlocuteur.

Le mouvement d’autodéfense Dan Na Ambassagou qualifie cette attaque contre le Hameau de Koundou de « déclaration » de guerre

Dans un communiqué qu’il a publié hier, dans la matinée ; le mouvement d’autodéfense Dan Na Ambassagou a qualifié « le carnage » du hameau de culture Sobane Dah  du village de Koundou d’une « déclaration de guerre ». «Dan Na Ambassagou tient l’opinion publique nationale et internationale en témoin, considère cette attaque comme une déclaration de guerre et en prend acte », lit-on dans son communiqué. Le mouvement de chasseurs dirigé par Youssouf Toloba « rassure les populations de sa disponibilité à assurer davantage leur sécurité, car il est désormais établi que ni l’État ni la communauté internationale ne s’intéressent à la vie des populations meurtries depuis bientôt 5 ans ».

Quant à l’honorable Boacary Sagara, député élu à Bandiagara, il a appelé le gouvernement à assumer sa responsabilité tout en sécurisant toute la zone. « Il est temps que ça s’arrête. Il faut que le gouvernement prenne sa responsabilité. Il faut du désarmement dans  les deux camps. On ne peut sécuriser la zone sans le désarmement », dit-il.

Le gouvernement annonce un bilan de « 95 morts et de 19 portés disparus, plusieurs  animaux abattus et des maisons incendiées »

À travers un communiqué du  ministre de la Communication, chargé des Relations avec les Institutions, le gouvernement s’est prononcé sur l’attaque de Sobane Dah. « Le gouvernement de la République du Mali informe l’opinion nationale et internationale qu’une tragique attaque armée a été perpétrée ce lundi, vers 3 heures du matin, dans le village de Sobame Da, dans la commune de Sangha, dans la région de Mopti. Des hommes armés, soupçonnés d’être des terroristes, ont lancé un assaut meurtrier contre ce paisible village »,lit-on dans le communiqué. Parlant du bilan de cette barbarie humaine, le gouvernement du Mali précise : « Le bilan provisoire établi par une mission du poste de sécurité de Diankabou dépêchée immédiatement sur les lieux, en présence du maire de Sangha, fait état de 95 morts et de 19 portés disparus, plusieurs  animaux abattus et des maisons incendiées. Des renforts sont actuellement déployés dans le secteur et mènent un large ratissage pour traquer les auteurs ».

Par ailleurs, le porte-parole du gouvernement de Dr Boubou Cissé a rassuré que  « toutes les mesures seront prises pour arrêter et punir les auteurs de ce carnage ». Il faut noter que le hameau en question est à 26 km de Sangha.

Après Koulogo, Ogossagou, Dioura et maintenant Sobame Da, le gouvernement malien doit se mettre en cause. Il doit revoir sa stratégie dans la sécurisation du centre, sa politique actuelle ayant échoué. Personne n’aurait imaginé un  autre Ogossagou après les décisions prises le lendemain de l’attaque d’Ogossagou Peul.

Boureima Guindo

Le Pays

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