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Inclusion des milices dans le processus du DDR : Une erreur grossière

En acceptant d’intégrer les milices dans le processus du désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR), le Premier ministre, Soumeylou Boubeye Maiga, a commis une grosse erreur qui peut avoir des conséquences regrettables pour le Mali.

Le Premier ministre, Soumeylou Boubeye Maiga, lors de sa visite dans la région de Mopti, à l’occasion de la rentrée scolaire 2018-2019, a rencontré les combattants de la milice dogon ‘’Dana Ambassagou’’ qui viennent de déposer les armes après la signature d’un cessez-le-feu unilatéral. Au cours des échanges, le Premier ministre les a rassurés quant à leur prise en compte dans le processus du désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR).

Cette procédure n’étant pas prévue dans l’Accord pour la paix et la réconciliation, pourrait avoir des conséquences fâcheuses, dans la mesure où ces milices ne sont pas partie signataire de l’Accord. Cette mesure risque également de faire des mécontents et des frustrés, avec des risques d’aggravation du conflit intercomminutaire au centre du pays. Car, si les combattants de la milice dogon ‘’Dana Ambassagou’’ trouvent satisfaction, on pourrait assister à une prolifération de milices devant une armée nationale impuissante et ruinée par des attaques perpétuelles des groupes terroristes.

La question qu’il faut se poser est de savoir si l’Etat a, d’abord, les moyens de réinsérer l’ensemble des ex-combattants, signataires de l’Accord, et dont le nombre augmente de jour en jour. Une chose est certaine, l’inclusion des combattants de la milice dogon  ‘’Dana Ambassagou’’ dans ce processus du DDR laisse croire que désormais n’importe quel groupe de désœuvrés pourra prendre les armes, tuer des civils et des militaires du Mali, déclarer ensuite officiellement avoir déposé les armes et prétendre enfin à des récompenses, au lieu de répondre de ses actes devant les juridictions compétentes.

En tout cas, une chose est sûre, cette mesure ne va pas seulement concerner Dana Ambassagou. D’autres milices vont certainement en bénéficier.  Ainsi, la prise des armes deviendront le seul moyen  pour se faire entendre.

Il faut rappeler que ce processus du désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR), conformément à l’accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger, concerne seulement environ 18.000 ex-combattants des mouvements armés signataires de l’Accord. Parmi ces 18.000 ex-combattants, 10.000 seront intégrés dans les forces armées et de sécurité du Mali et les autres seront repartis entre les établissements publics et parapublics du pays.

Aujourd’hui, le nombre a carrément augmenté. Déjà, à la date du 14 septembre 2018, plus de 32 mille ex-combattants ont été enregistrés pour le processus dont l’application effective est prévue le 15 octobre prochain.

 

 

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