L’armée malienne a entamé son déploiement vers Kidal afin de reprendre le contrôle de cette ville symbole, a annoncé un membre du commandement. Ce retour dans le nord malien s’accompagne d’une volonté d’ouverture de Bamako sur les groupes djihadistes.

Le retour de l’armée nationale à Kidal est anticipé comme une affirmation forte d’un rétablissement de l’autorité de l’Etat malien dans cette région.
L’opération bénéficie du soutien de la mission de l’ONU au Mali (Minusma).
Ce retour de l’armée malienne après six ans d’absence intervient au moment même où le chef de l’Etat semble décidé à élargir le spectre du dialogue pour englober jusqu’aux groupes djihadistes qui ont ensanglanté la région.

Dans une interview exclusive accordée lundi à RFI et France 24 à Addis-Abeba, le président du Mali, Ibrahim Boubacar Keïta, annonce pour la première fois l’ouverture d’un dialogue avec les chefs djihadistes Iyad Ag Ghaly et Amadou Koufa.
Dans les faits, les forces maliennes devraient entrer effectivement dans Kidal dans quelques jours, le temps de rallier la ville par la piste à partir de Gao, à environ 200 km plus au sud.
Le chef d’état-major général des armées maliennes s’adresse aux troupes, avant le départ du convoi vers Kidal.
Le général de division Abdoulaye Coulibaly appelle à la discipline, à l’amour de la patrie.

Le groupe est composé, d’un tiers de militaires de l’armée régulière, un tiers d’ex-rebelles et un autre tiers d’ex-combattants pro-gouvernementaux soit, au total, d’après nos informations, 240 hommes en uniforme qui prennent le départ.
En tête du convoi, sur ruban de bitume, deux véhicules. À gauche, celui de l’armée malienne ; à droite, un blindé de la mission de l’ONU qui joue un rôle capital dans ce redéploiement de l’armée malienne à Kidal.
À bord de quelques dizaines de véhicules, les militaires vont mettre quatre jours avant d’arriver sur place. Ils passeront leur première nuit, en principe, dans la localité de Bourem et sur tout le trajet jusqu’à Kidal, la sécurité est renforcée avec, outre le concours de la mission de l’ONU, celui de la force française Barkhane.