Une bombe artisanale mise à feu au passage d’un car a fait 14 morts et 24 blessés mardi dans la région de Mopti, au centre du Mali.

Quatorze passagers d’un autocar ont été tués mardi dans le centre du Mali lors de l’explosion d’une mine artisanale au passage de leur véhicule, dans une région où les groupes jihadistes restent actifs malgré plus de six ans d’intervention militaire internationale.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes, en grande partie dispersés par une intervention militaire lancée en janvier 2013 à l’initiative de la France et qui se poursuit actuellement.

Mais des zones entières échappent au contrôle des forces maliennes, françaises et de l’ONU. Un accord de paix censé isoler définitivement les jihadistes a été signé en 2015, mais son application accumule les retards.

Conflits intercommunautaires

Depuis 2015, les violences se sont propagées du nord au centre du pays, où elles continuent malgré le renforcement, il y a quelques mois, de la présence des troupes de la Mission des Nations unies au Mali (Minusma).

Ces violences se mêlent souvent à des conflits intercommunautaires, qui se sont traduits par des massacres de civils, un phénomène que connaissent également le Burkina Faso et le Niger voisins.

Mardi matin, un autocar de la compagnie privée Sonef effectuant la liaison entre Douentza (centre) et Gao, plus grande ville du nord du Mali, avec une cinquantaine de passagers à bord a sauté sur un engin explosif, a indiqué à l’AFP un responsable de la compagnie de transports, Oumar Ould Mamoud.

La Sonef et une source policière ont d’abord fait état d’un bilan de huit tués, mais plusieurs blessés ont succombé et « le nouveau bilan est de 14 morts et huit blessés », a dit M. Ould Mamoud en fin d’après-midi.

Autocar « irrécupérable »

La Minusma a « condamné ces attaques » sur Twitter, expliquant que l’explosion avait fait « plusieurs morts et une trentaine de blessés », dont « 16 ont été évacués » par un hélicoptère.

Parmi les 16 blessés évacués figurent « deux femmes et deux enfants », a précisé sur son compte Twitter le porte-parole de la Minusma, Olivier Salgado, indiquant que les ambulances des Forces armées maliennes (FAMa) avaient également été mobilisées.

Evacuation des blessés à Mopti. La Force et la Police de la MINUSMA st également restées sur le site de l’incident tragique qui a coûté la vie à plusieurs civils innocents pour en assurer la sécurisation alors que d’autres blessés plus légers étaient pris en charge.

« L’armée malienne est sur place pour les secours, la mission de l’ONU aussi », a confirmé le responsable de la Sonef, Oumar Ould Mamoud.

Selon une source policière, l’explosion qui est survenue à une trentaine de kilomètres de Douentza, a causé de tels dégâts à l’autocar que celui-ci est « irrécupérable ».

Une autre source policière a accusé des « terroristes », terme utilisé par les autorités maliennes pour désigner les groupes armés jihadistes, d’avoir posé la mine. « Les passagers qui ont échappé à la mort avaient très peur. Ils ont été rassurés par l’arrivée d’une escorte militaire malienne qui passait par coïncidence sur le tronçon », a précisé cette source.

Le trafic sur l’axe où s’est produite l’explosion a été bloqué pendant deux heures pour « sécuriser »les lieux, a-t-elle ajouté.

Alliances jihadistes

Vingt-quatre civils maliens et burkinabè, dont des femmes et des enfants, qui se rendaient à une foire hebdomadaire avaient péri en janvier 2018 dans le centre du Mali dans l’explosion d’une mine au passage de leur véhicule.

Deux principales coalitions jihadistes sont présentes au Mali. La première, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, officiellement créée en mars 2017 sous la direction du Touareg malien Iyad Ag Ghaly, a depuis sa création revendiqué les principaux attentats dans le Sahel. Elle comprend plusieurs formations liées à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), dont la « katiba du Macina » du prédicateur radical peul Amadou Koufa, très active dans le centre du pays depuis 2015.

Dirigé par Adnan Abou Walid Sahraoui, le second groupe, qui se fait appeler « État islamique dans le Grand Sahara » (EIGS), est actif essentiellement dans la région de Ménaka, dans le nord-est du Mali, et de l’autre côté de la frontière avec le Niger.

Ouest-France avec AFP   Ouest-France