Mali: un gendarme et un garde pénitentiaire tués dans deux attaques dans le Centre

Cinq détenus se seraient évadés lors de l’attaque.

Un gendarme et un surveillant de prison ont été tués dans la nuit du lundi 10 au mardi 11 août dans deux attaques contre une prison et une gendarmerie dans le Centre du Mali, une zone théâtre de récents assauts attribués aux djihadistes, a indiqué une source judiciaire.

 

«Il y a eu une attaque d’un groupe armé dans la nuit du 10 au 11 août à Kimparana. La brigade de gendarmerie et la prison ont été ciblées. Bilan: deux morts, un gendarme et un surveillant de prison», a annoncé mardi à l’AFP Dramane Diarra, procureur du tribunal de Grande instance de Koutiala.

Kimparana, qui dépend juridiquement de Koutiala, est une localité située dans le cercle de San, dans la région de Ségou (centre). La brigade de gendarmerie de Kimparana a été «incendiée», a dit le procureur Diarra. «Cinq détenus se sont évadés» lors de l’attaque de la prison, a-t-il ajouté, sans plus de détails sur cette attaque.

«Le calme est revenu. Les militaires maliens (sont) là en masse. Nous souhaitons qu’ils nous sécurisent plus», a affirmé mardi à l’AFP un notable de Kimparana. Cinq soldats maliens ont été tués et cinq blessés le 2 août lors de deux attaques simultanées dans le cercle de Niono, dans la région de Ségou, à une centaine de kilomètres de la frontière mauritanienne, où les forces armées ont essuyé plusieurs sérieux revers depuis le début de l’année.

De nombreuses attaques

Cette double attaque s’est déroulée entre Goma-Coura et Diabaly. Au moins 24 soldats maliens avaient été tués à la mi-juin dans une embuscade attribuée aux djihadistes dans la localité de Bouka Wéré, au Sud-Est de Diabaly.

Le 26 janvier, le camp de Sokolo, également dans le centre du Mali, avait été l’objet d’une attaque qui avait coûté la vie à 20 soldats, revendiquée par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), principale alliance djihadiste du Sahel, affiliée à Al-Qaïda. Le centre du Mali est pris dans un tourbillon de violences depuis l’apparition en 2015 d’un groupe jihadiste dirigé par le prédicateur peul Amadou Koufa, qui a largement recruté au sein de sa communauté, et rejoint le GSIM dès sa création en 2017. Ces violences se sont étendues aux pays voisins, Niger et Burkina Faso.

Aux attaques djihadistes se mêlent des affrontements communautaires entre les Peuls, majoritairement éleveurs, et les ethnies bambara et dogon, pratiquant essentiellement l’agriculture, qui ont créé des «groupes d’autodéfense», en s’appuyant notamment sur les chasseurs traditionnels dozos.

Le Figaro avec AFP

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