Marché de véhicules pour l’armée malienne : Entre le général Yamoussa et le chef d’état major, Ibrahim Dahirou, une tête doit tomber

L’utilisation des 8,9 milliards de l’Autorité malienne de régulation des télécommunications /Tic et des Postes (Amrtp)  mis à la disposition de l’armée,  a montré au grand jour l’incompréhension  au sommet du Département de la Défense et des anciens combattants. Notamment entre le ministre Yamoussa Camara et le chef d’état-major, Ibrahim Dahirou Dembélé.  Pour mettre de l’ordre et réussir la sécurisation du territoire, la tête de l’un de ces deux responsables doit tomber.

En raison de la guerre que le Mali mène contre les terroristes, le fonds d’accès universel aux réseaux dans les zones non desservies, mis en place par Orange et Sotelma, a été mis à la disposition de l’armée pour son équipement par l’Autorité de régulation.

Après les entretiens entre le Ministère des Finances et celui de la Défense, il a été demandé à  l’Amrtp de monter un dossier pour la fourniture de matériels roulants à l’armée. Même si l’Amrtp n’est pas habilitée à passer une commande de ce genre aux yeux de certains observateurs.

D’autres estiment que la passation de ce marché est un hiatus aussi bien dans la forme que dans le fond. Car, le principe veut que ce soit après approbation du dossier par le Conseil des ministres (eu égard au montant en cause, comme le veut la loi), qu’un appel d’offres en bonne et due forme soit lancé. Or, apparemment, Babouya Sylla était déjà choisi par l’autorité contractante avant que le Gouvernement ne soit saisi pour donner sa bénédiction à ce qui, en définitive, n’est autre qu’un gré à gré. La preuve est que le contrat porte sa signature (contractant) ainsi que celles du Daf et du Secrétaire général de l’Amrtp. En somme, une pratique du fait accompli que le Premier ministre Diango Cissoko a rejetée.

Le plus choquant dans cette affaire, c’est la discorde entre le ministre de Défense et le chef d’état-major. Selon nos sources, le chef d’état-major général des armées, le général de brigade, Ibrahim Dahirou Dembélé, a exprimé les besoins des forces armées dans une correspondance. Il s’agissait de 10 camions citernes (33 m3), 10 camions citernes (18 m3), 10 ambulances Toyota Land Cruiser Standard, 200 pick up. En plus, l’état-major général  a fourni les caractéristiques techniques de ces engins roulants. Ce qui fait dire à tous ceux qui sont proches du dossier que le  Ministère de la Défense, Yamoussa Camara, est informé au détail près, voire associé au montage du dossier. L’opérateur économique, Babouya Sylla, désigné pour exécuter le marché, a conclu à Amsterdam un accord avec ses partenaires.

Après avoir  réglé  les détails, avant d’embarquer les matériels à destination de Bamako, l’opérateur chouchou de l’Amrtp a demandé  à l’état-major général des armées de désigner trois officiers spécialisés pour inspecter les véhicules avant leur embarcation. Ce qui fut fait par le général  Ibrahima Dahirou Dembélé. Il  a désigné trois officiers et  l’a fait savoir à son supérieur hiérarchique, en l’occurrence le ministre de la Défense et des Anciens Combattants, à travers un courrier daté du 4 mars 2013.

Les officiers désignés étaient le commandant Mamourou Togo (Dfm/Mdac), le capitaine Adama Maïga (Dmhta) et le lieutenant Sidy Coulibaly (Dmhta).

Mais le Ministre Camara voulait nier l’évidence. Soudainement, quelques jours avant la mission à Amsterdam, le ministre de la Défense, le général Yamoussa Camara, a fait passer un communiqué escamoté à la télévision nationale, le 22 mars dernier. Ledit communiqué était ainsi libellé : «Le ministère de la Défense et des anciens combattants porte à la connaissance de l’opinion publique nationale que des informations récurrentes font état d’une commande de véhicules à réaliser sur les fonds mis à disposition par les opérateurs de téléphonie mobile au profit des forces armées. Des procédures administratives avaient été engagées, sans concertation avec le département de la Défense, qui est en attente d’un lot important de véhicules du même type. Les fonds en question sont utilisés pour acquérir d’autres moyens complémentaires et assurer le renforcement des capacités opérationnelles des troupes».

A travers ce communiqué laconique, le Ministre Yamoussa convaincra difficilement le peuple malien de ne pas être au courant de la commande passée par Babouya, même si celui-là aussi n’est pas dans la légalité. Sinon comment comprendre que le chef d’état-major exprime les besoins, fixe les caractéristiques techniques des véhicules, désigne des officiers pour l’inspection des engins à Amsterdam à l’insu de son tristement célèbre général-ministre? S’il est vrai que le général Yamoussa n’est pas au courant de cette situation, il doit, soit démettre le chef d’Etat major Ibrahim Dahirou, soit démissionner lui-même ou être démis par le Premier ministre. En attendant de mettre de l’ordre dans la hiérarchie militaire, le Premier ministre s’est contenté de l’annulation de  l’achat de ce matériel roulant pour nos militaires. Entre temps, les Maliens vont prendre leur mal en patience avant de voir son armée équipée pour monter à Kidal.  Aux militaires de continuer à patrouiller à pied et à moto avant la passation à nouveau du marché des matériels roulants.

Oumar KONATE

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