Pour rappel le 11 janvier 2013, les autorités maliennes ont  demandé à la France son appui pour arrêter l’avancée de groupes terroristes en direction de Bamako et les repousser vers le nord. La France a lancé en quelques heures une opération militaire  d’envergure pour soutenir les  forces armées maliennes alors submergées par la poussée djihadiste  sous le nom  d’opération  Serval.

Serval visait trois objectifs comme annoncé  par le président français, François Hollande, le 15 janvier 2013 :

  1. Aider les forces armées maliennes (FAMA) à arrêter la progression des groupes terroristes et à les repousser tout en assurant la sécurité des populations civiles ;
  2. Aider le Mali à recouvrer son intégrité territoriale et sa souveraineté ;
  3. Faciliter la mise en œuvre des décisions internationales en permettant le déploiement rapide de deux missions internationales de soutien au Mali (MISMA) et la mission de formation de l’armée malienne de l’Union Européenne (EUTM).

Les premières troupes françaises à intervenir ont été celles des forces spéciales dénommées commandement des opérations spéciales   pré positionnées au sahel dans le cadre du dispositif Sabre qui se déploient dans le secteur de l’aéroport de Mopti-Sévaré. On estime, que plus de 200 commandos, appartenant aux trois armées, ont été impliqués dans l’opération Serval, ce qui a représenté l’une des plus grosses opérations jamais menées par la France. Environ 2 500 militaires français et 6 300 hommes de la MINUSMA ont été engagés sur notre territoire en janvier 2014.

La logistique déployée dans le cadre de l’opération Serval a été importante. En septembre 2013, deux fois plus de matériels ont été transportés par voie aérienne stratégique que par voie maritime soit 18 500 tonnes en 480 rotations contre 9 170 tonnes et 500 personnels ont été acheminés par mer et passant par le Sénégal.

De janvier à septembre 2013, les mouvements aériens intra-théâtre ont acheminé 3 500 tonnes de fret et 15 600 hommes en plus de 1 600 missions. Les véhicules de Serval du Train ont parcouru plus de 3 millions de kilomètres à travers notre pays. En tout, plus de 17 millions de litres de carburant aviation et 3 millions de litres d’essence et de gazole ont été consommés.

Au 1er août 2013, les troupes françaises ont saisi au niveau armement 100 fusils, 150 mitrailleuses, 30 lance-roquettes, 20 mortiers, 20 canons, et 3 missiles sol-air SA-7198. Elles ont saisi également 220 tonnes de munitions, 30 tonnes ont été reversées aux forces armées maliennes, dont 1 300 grenades, 1 000 roquettes, 7 700 obus, dont 500 de mortiers, 20 bombes et 200 mines et engins explosifs improvisés 198. Plus de 12 tonnes de nitrate d’ammonium, produit qui permet de réaliser des bombes artisanales, 9 000 litres de gazole et ‘essence et 200 « moyens de communication » sont également pris sur l’ennemi.

L’opération Serval s’est achevée le 31 juillet 2014. Déclenchée le 11 janvier 2013 à la demande du gouvernement malien, cette intervention militaire a permis de stopper l’offensive djihadiste qui menaçait Bamako, de mettre fin à l’organisation industrielle du terrorisme qui s’était développée dans le désert du nord Mali et de transférer la mission de stabilisation du Mali aux partenaires maliens ainsi qu’aux forces de l’ONU (MINUSMA).

La France a fait le job. Et, son président, François Hollande a annoncé dès le 8 janvier 2014 que les effectifs militaires français au Mali vont être réduits à 1 600 hommes d’ici à la mi-février et déclineront jusqu’à mille, ce qui sera le niveau nécessaire pour faire face à toute menace qui pourrait resurgir, estimant que « l’essentiel de la mission a été accompli » et qu’elle est « en train de s’achever ».

Le 13 juillet 2014, le ministre français de la défense Jean-Yves Le Drian annonce que l’opération Serval a rempli sa mission et est de fait terminée, et qu’une nouvelle mission, l’opération Barkhane, est destinée à la remplacer, pour lutter contre le terrorisme dans l’ensemble du sahel.

Sept ans après, c’est cette opération qui est dénoncée par les populations des cinq pays du sahel, par manque de résultats concrets. Les populations ont l’impression que cette opération vise un autre objectif que celui de restaurer l’intégrité territoriale du Mali. Les peuples n’ont pas accepté d’être muselés par les régimes. La démocratie a ses propres lois qui s’imposent à la bonne gouvernance. Ce que Macron ne peut pas faire au peuple français, il voudrait que les dirigeants des pays du sahel le fassent à leurs peuples. Ce qui est contraire à la bonne gouvernance et à la démocratie. La société civile a un grand rôle à jouer dans des cas d’espèce et c’est ce qu’elle a fait pour dénoncer le double jeu de la France.

 

Badou S. Koba

Soure: Le Carréfour