Le processus devrait amorcer une nouvelle dynamique avant les élections générales de 2018. Paris presse Bamako pour un changement de cap.

En panne, le processus de paix tarde à se concrétiser sur le terrain. Et la communauté internationale qui est garante de son application n’a jusqu’ici pu apporter la solution. Elle a eu du mal à appliquer les sanctions contre les auteurs de la lenteur et des obstacles à la mise en œuvre de l’accord pour la paix et la réconciliation nationale. Les pressions qu’a tenté d’exercer Paris sur Bamako n’ont pas pu également  influer sur le processus. Par exemple, l’échec de la révision constitutionnelle qui devrait suivre une batterie de reformes en faveur du retour de la paix.

Le financement de 9 milliards de la banque mondiale pour réinsertion des ex-combattants n’a impacté sur le processus de cantonnement et de désarmement qui n’a pas évolué de nos jours. S’il y’a eu des avancées c’est seulement de la composition des structures en charge de l’application de l’accord : comité de suivi de l’accord (CSA) et ses sous-comités, les commissions DDR, les autorités intérimaires et plus ou moins la commission vérité, justice et réconciliation.

Face à telle inertie, les responsabilités sont partagées. Les groupes armés qui refusent de se désarmer, la Minusma qui a réduit ses actions, la communauté internationale qui n’a pas respecté tous ses engagements et l’Etat malien qui manque de ressources pour mener à bien ses missions de chef d’orchestre.

Pour beaucoup d’observateurs, il faut aller vite dans l’application de l’accord notamment le désarmement. A ce niveau, l’ancien Premier ministre n’a pas brillé et il a laissé la situation pourrir. Et les différentes rencontres avec les groupes armés n’ont pas permis de s’accorder sur une date.

Nouvelle méthode

Son départ est perçu par Paris comme une occasion de changer de méthode. En visite au Mali, la ministre française des Armées,  Mme Parly intervient, au lendemain de la nomination d’un nouveau Premier ministre malien en la personne de Soumeylou Boubèye Maiga, après la démission surprise de l’ensemble du précédent gouvernement, sonne comme un nouveau départ dans l’accélération de la mise en œuvre de l’accord. “Ce changement de gouvernement a vocation à permettre l’ouverture d’un  dialogue plus large, c’est ce que le président IBK sait qu’il doit faire car c’est une condition sine qua non du retour progressif à une situation stable  au sein du Mali. Aujourd’hui ce n’est pas le cas”, a-t-elle laissé entendre. Sa visite au Mali est perçue également comme une autre pression de Paris sur Bamako.

Nos sources font cas de l’implication d’un chef d’Etat d’un pays de la sous-région qui a rencontré la semaine dernière des responsables des groupés armés sur la nouvelle donne.

En annonçant une loi d’entente nationale, IBK confirme l’empressement de la communauté internationale à voir l’application de l’accord se matérialiser avant les élections de 2018.

Alpha Mahamane Cissé

Source: L’indicateur du Rénouveau-Mali