RÉCONCILIATION DANS LE CERCLE DE BANKASS : LES FRUITS N’ONT PAS ÉTÉ À LA PROMESSE DES FLEURS

De nos jours, l’apanage de l’insécurité au Mali revient essentiellement aux localités des régions du centre, et spécifiquement la zone du ‘’Senno’’ communément appelée le ‘’Pays Dogon’’. Dans cet espace géographique, la présence simultanée des groupes d’autodéfense communautaires et ceux djihadistes, est un facteur qui exacerbe la récurrence des conflits.

 

Il faut dire, à l’entendement des premiers, que les seconds ne sont ni plus, ni moins que des groupes de bandits de grand chemin. En tout cas les spécialistes, en matière de gestion et de règlement des conflits communautaires dans les régions du centre, sont unanimes à reconnaître que pour réussir à relever le défi de l’insécurité dans les localités du centre, il faille absolument résoudre le problème du grand banditisme sur cette partie du territoire national.

Selon eux, la crise sécuritaire qui sévit dans les localités du centre, n’est ni politique ni religieuse encore moins identitaire. Il s’agit plutôt d’une insécurité persistante consécutive aux actions de groupes de bandits de grands chemins qui pillent les localités à tour de bras, volent le bétail, terrorisent les populations et tuent tous ceux qui se retrouvent sur leurs chemins. C’est justement pour faire face à ce phénomène de banditisme que des milices d’autodéfense communautaires ont été créées un peu partout pour protéger les populations locales et leurs biens.

Mais avec cette floraison de milices, une espèce de malentendus, entretenus par les groupes djihadistes a mis dos à dos, des milices d’autodéfense, notamment dogons et peulhs, en plusieurs endroits des régions du centre.

C’est ainsi que l’ONG suisse ‘’Centre pour le Dialogue Humanitaire’’ (HDC) a entrepris de réconcilier, dans le cercle de Bankass, les différentes communautés qui vivent dans cette circonscription administrative. Dans le cadre de cette politique de réconciliation, cette organisation humanitaire a réussi à faire signer un nouvel accord de paix, le dimanche 7 février 2021, dans le cercle de Bankass. Étaient concernées par cet acte, les communautés dogons, dafing et peulh, dans sept communes du cercle. Signalons que cet accord signé à Bankass est le quatrième Accord que l’ONG ‘’HDC’’ a réussi à faire signer par les différentes communautés protagonistes de la crise sécuritaire. Le moins que l’on puisse dire est que la signature de cet accord à Bankass avait été accueillie avec enthousiasme par les populations.

S’il est vrai que les localités du centre du pays ont connu, par le passé, des trêves qui se sont révélées fragiles, il faut dire que compte tenu de la grande ferveur qui a accompagné la cérémonie de signature de cet accord et aussi l’effectif et les rangs sociaux des acteurs qui y ont participé, tout laissait augurer que cette fois-ci était vraiment la bonne et que le retour de la paix était imminent.

Mais malheureusement, en à peine deux mois que cet accord a été cautionné et signé par tous les protagonistes, il a été violé le 2 avril 2021, par des hommes armés non identifiés qui ont perpétré une attaque contre le village de Brassoro, dans le cercle de Bankass.

Selon des témoignages, c’est aux environs de 1h du matin que des hommes lourdement armés ont fait irruption dans ce petit village de la commune de Kani-Bozon, cercle de Bankass dans la région de Bandiagara. Bien que cette attaque n’ait fait aucune perte en vie humaine, les dégâts matériels et les dommages qui en ont résulté sont très importants et les populations de Brassoro ne peuvent qu’en être très affectées. Des greniers, en tant que réserves de vivres, ont été incendiés ; des enclos ont été brisés et le bétail emporté. Il faut dire que ce cas de Brassoro est tout simplement le dernier en date car, il a été constaté que depuis la signature de l’accord en février dernier, les groupes de bandits semblent opter pour une politique de ‘’terre brûlée’’, en incendiant systématiquement tous les biens dans les villages qu’ils attaquent. Et pourtant, au moment où l’accord avait été signé à Bankass, tant les observateurs que les protagonistes de la crise sécuritaire s’étaient convaincu que désormais, dans le cercle de Bankass, le défi sécuritaire se conjuguerait au passé. On se souvient qu’à…

El Hadj Mamadou GABA

Source : Le Soir De Bamako

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