Sécurité: la réalité paradoxale

Farabougou, dans le cercle de Niono, région de Ségou, s’ajoute depuis peu à la longue liste des villages qui souffrent le martyre. Ce village est assiégé, selon plusieurs sources jamais démenties, par des individus hostiles.

 

Les villageois aussi braves que suicidaires s’organisent pour desserrer l’étau exercé sur eux. Ils tombent dans une embuscade et enregistrent un bilan de 5 morts et 15 blessés. Comme évoqué plus haut, Farabougou est un village parmi tant d’autres en République du Mali où les conflits intercommunautaires sont préoccupants, tout comme les agressions jihadistes.
Autant il serait malhonnête de nier le lourd tribut que les FAMa paient à la lutte contre le terrorisme, autant, il serait juste de mettre en parallèle ces situations ubuesques avec les engagements pris au plus haut niveau. Voici ce que disait le Président de la Transition Bah NDAW, eux-mêmes colonel-major à la retraite et ancien ministre de la Défense et des anciens combattants, lors de son investiture : ‘’une telle mission (NDLR : la mission de conduire la Transition), je le sais, se mènera sur le socle de la guerre sans merci qu’il faudra continuer à livrer aux forces terroristes et au crime organisé.
Ces fléaux accablent certaines parties du pays depuis plus d’une décennie. Leur sanctuaire s’élargit au détriment de la sécurité nationale. Les demi-victoires ne suffisent plus pour les vaincre.
Nous devons gagner totalement et durablement. Pour cela, il faut certes une gestion politique là où celle-ci est nécessaire, mais il est important de se doter de moyens les plus dissuasifs possible à travers une armée aguerrie, matériellement soutenue et moralement prête’’.
Émouvante profession de foi, peut-on dire ; mais, la réalité est loin d’être reluisante. C’est bien une réalité paradoxale. Des Maliens sont pris en otage dans leur propre pays, ils sont privés de liberté de mouvement et cela ne date pas d’aujourd’hui. Plus préoccupant, des villageois doivent s’organiser pour riposter, en d’autres termes, aller tout droit au massacre puisqu’ils ne disposent d’aucune qualification militaire. Cette donne, outre l’engagement pris devant le peuple malien par les plus hautes autorités du pays, devrait faire résonner dans leurs oreilles ces propos du Président nigérian Muhammadu BUHARI qui a déclaré qu’avec environ les deux tiers du Mali actuellement sous occupation par des terroristes, « la priorité des militaires devrait être de sécuriser leur pays » plutôt que de conserver le pouvoir. L’équation de la conservation du pouvoir étant résolue dans la Charte de la Transition retoquée, il demeure le besoin incompressible de rassurer les populations traumatisées du centre du pays et angoissées des autres parties. À défaut d’être en permanence à leurs côtés, parce que les FAMa n’en ont pas les ressources humaines et matérielles nécessaires, il serait tout de même possible de répondre présent quand elles lancent un appel de détresse, directement ou indirectement.

PAR BERTIN DAKOUO

Source : INFO-MATIN

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