Situation du Mali vue par les Maliens : 92% confiants aux FAMa; 57,2% pour la relecture de l’Accord

Dans le rapport de Mali-mètre rendu public en fin de semaine, il ressort que plus de la majorité des Maliens ne sont pas satisfaits de la gestion du pays. Toutefois, ils demeurent confiants aux forces de défense et de sécurité maliennes.

Interroger et comprendre de manière adéquate les perceptions, besoins et attentes des  citoyens afin d’orienter les décideurs politiques et leurs partenaires à mieux intégrer ces perceptions leurs activités respectives. Tel semble être le principal objectif de la présente enquête d’opinions de Mali-mètre.

La   situation générale du pays : selon Mali-mètre, au regard de l’année écoulée,  les deux tiers de la population, soit 65,9%, pensent que la situation générale du pays s’est détériorée, contre dix pour cent (9,6%) qui estiment qu’elle s’est améliorée et environ le quart (24,3%) qui juge qu’elle est restée la même.

Confiance dans les institutions 

Des conclusions du présent rapport, la première institution, le Président de la République est décriée. On estime que  62% des enquêtés sont insatisfaits des actions du président de la République contre 37% qui se disent satisfaits. Par contre, Taoudénit et Sikasso semblent  trouver leur compte, car ils enregistrent respectivement 62,6% et 61%.

Quant au Gouvernement, il ne répond pas aux aspirations du peuple. 63% de la population ne sont pas satisfaites de la gestion du Gouvernement contre 35% qui sont satisfaits.

S’agissant de l’Assemblée nationale,  74% des citoyens ne sont pas satisfaits des actions des députés, contre 18% qui sont satisfaits et 9% sans opinion. Aussi, souligne le document, 59,2% des citoyens estiment que le rôle des députés est autre chose que « voter les lois » ou « contrôler l’action gouvernementale ». Cette opinion est surtout partagée à Sikasso (69%), Ségou (68,6%) et Bamako (66,1%).

Dans ce mécontentement presque généralisé, l’opposition politique n’est pas épargnée. 61% sont insatisfaits des actions de l’opposition politique, contre 24% qui sont satisfaits et 15% sans opinion.

 Mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation

Au sortir de cette enquête de Mali-mètre, 80,1% de la population n’ont pas de connaissance sur l’Accord, contre seulement 8% qui déclarent le contraire ; et 12% ne se prononcent pas. Pour sa mise en œuvre, 71,8% estiment que le processus n’a pas avancé, contre 25% qui jugent qu’il a assez avancé et 3% sont sans opinion.  Aussi, précise le sondage, « une majorité (57,2%) de la population estime que l’Accord doit être modifié, contre 8% qui pensent le contraire, mais 35% sont sans opinion. Les opposants à cette relecture/modification sont majoritaires à Ménaka (62,1%), Taoudénit (62%) et Gao (47%), tandis que la modification est prônée à Tombouctou (75,8%), Sikasso (74,3%) et Koulikoro (60%) ».

En cas de relecture de l’Accord, 52% de la population se disent favorables à une révision de la Constitution et 48% sont contre elle. Les partisans de la révision sont majoritaires à Gao (89,1%), Taoudénit (66,7%), Bamako (63%), Mopti (57,1%), Sikasso et Kidal (53,8%), tandis que les opposants sont à Koulikoro (100%), Ménaka (84,4%), Kayes (77,3%), Tombouctou (58,3%) et Ségou (55,2%).

Stabilisation et sécurisation du Mali 

 Sur ce volet, ils sont  37% à indiquer que le niveau d’insécurité a diminué, contre 33% qui pensent qu’il a augmenté et 28% pensent qu’il est resté le même au cours des 12 derniers mois. C’est ainsi que se rend compte de la confiance que le peuple malien accorde à son armée.

Le présent sondage indique que le niveau de confiance en les forces de sécurité pour la sécurisation des personnes et des biens est très élevé. Il est estimé à  92% des enquêté(e)s, contre 7% qui pensent le contraire. La minorité n’ayant pas confiance en elles est enregistrée à Kidal (63,6%) et dans une moindre mesure à Tombouctou (27,3%). Principaux reproches aux forces de sécurité : la corruption, 33,8%, l’inefficacité   16,8% et le manque d’armements adéquats 11%. Ces reproches aux forces de sécurité, souligne le rapport, sont surtout enregistrés à Mopti (54,5%), Bamako (46,2%), Kayes (39%) et Taoudénit (34%). A Ménaka, elles « manquent de volonté et de bravoure « (60%). Implication de la société civile dans la sécurisation de la région : 61% pensent que la société civile peut jouer « un grand rôle » dans la sécurisation de la région, contre 23% qui estiment qu’elle peut jouer « un petit rôle » ; et pour 14% elle « ne peut rien faire ». La partie de la population qui pense qu’elle peut jouer « un grand rôle » est surtout localisée à Kidal (97%), Ménaka (84,5%), Gao (78,6%), Mopti (76,4%) et Taoudénit (70,1%), tandis que celle qui estime qu’elle « ne peut rien faire » est enregistrée à Koulikoro (25,8%) et Kayes (24,4%).

Aujourd’hui, estiment les enquêtés, les acteurs auxquels les citoyen(ne)s font confiance pour la sécurisation de la région  sont les FAMa 85,8%, puis la gendarmerie, 60,8%, la garde nationale 54,2%, et la police nationale 44,1%.

La Minusma au plus bas dans le sondage

A l’analyse de ce sondage, la Minusma est au plus de sa popularité. Au niveau de satisfaction du travail de la Minusma,  78% des citoyen(ne)s estiment être non satisfaits, contre 16% qui le sont et 6% sont sans opinion. La proportion d’insatisfaits du travail de la Minusma a augmenté de 32 points par rapport à l’année dernière. La proportion des insatisfaits est très élevée dans toutes les villes, sauf à Taoudénit et Gao où la population satisfaite est respectivement de 74% et 66%.

Dans l’opinion populaire, on reproche à la Minusma son inaction pour protéger les populations contre la violence des groupes armés et les terroristes » (54,1%), puis dans une moindre mesure « être complice des groupes armés » (34,4%) et « se protéger elle-même » (25,2%). Barkhane aussi est de plus en plus vomie par les Maliens. Ils sont 79% des citoyens à ne pas être satisfaits  de Barkhane pour lutter contre le terrorisme au Mali, contre 13% qui pensent le contraire et 8% sont sans opinion.

Vérité, justice et réconciliation

«Sur la connaissance de la Loi d’entente nationale : Sans incidence du sexe, de l’âge et du niveau d’instruction, seulement 14% sont au courant de ladite loi, contre 86% qui déclarent le contraire. La minorité significative qui a entendu parler de cette loi est surtout enregistrée à Bamako (25,9%) à, Tombouc-tou (22,2%), Gao et Koulikoro (18,4%), alors qu’elle est quasiment méconnue à Kidal (99%), Mopti (96,5%) et Ségou (93,9%). Les aspects connus de la loi d’entente nationale : Parmi la minorité qui a entendu parler de cette loi, 71% ne peuvent « rien dire de précis », tandis que 21% citent « la restauration de la paix et la réconciliation » et 6% évoquent « l’équité et la justice » comme les aspects qu’ils connaissent de la loi d’entente nationale.

Importance des enquêtes et jugements sur les acteurs coupables de crimes et violences dans la région : 93% de la population pensent importants les enquêtes et jugements sur les acteurs coupables de crimes et violences contre les populations dans la région, contre 7% qui estiment le contraire. Comparée à Mali-Mètre 10, la part de la population qui déclare importants les enquêtes et jugements sur les acteurs coupables de crimes et violences contre les populations a augmenté de 20 points. Appréciation de l’implication des leaders religieux dans le processus de réconciliation : 90% des enquêté(e)s estiment positive l’implication des leaders religieux dans le processus de réconciliation des populations dans la région, contre 9% qui soutiennent le contraire, sans incidence significative du sexe, de l’âge ou du niveau d’instruction. Les partisans de cette implication sont partout majoritaires, mais surtout à Kidal (100%), Ménaka (99%), Mopti (99%), Taoudénit (97,2%), Tombouctou (96%) et Gao (95,90%)», mentionne Mali-mètre.

Oumar KONATE

La Preuve

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