Zakat: l’État face aux impôts des terroristes

C’est un fureteur, Kanfari Sonni Anass MAIGA qui vend la mèche. Selon lui, à l’exception de Gao, toutes les communes de l’entourant font l’objet de raquettes de la part d’individus armés se réclamant de groupes terroristes prélevant la “Zakat” sur les animaux. Les mêmes personnes peuvent revenir plusieurs fois dans le trimestre dans le même village pour prélever ladite “Zakat”.
À Forgho, dans la commune Sonni Ali Ber, des hommes refusant de payer ont essuyé des tirs de la part de ceux qui voulaient leur soutirer la “Zakat”. Il y a eu plusieurs morts et blessés.

À l’instar des zones sédentaires, les zones nomades ne sont pas aussi épargnées. À 5 km de Gao, à Edang, des individus à moto ont fait irruption dans le village et réuni tous les villageois. Ils leur ont demandé de payer 5 millions, mais les villageois n’ont pu réunir que 200 000 FCFA. Les bandits ont pris la somme disponible et promis de repasser dans un mois récupérer le reste.
En 2012-2013, c’étaient les zones rurales qui étaient épargnées pendant qu’aujourd’hui, c’est le contraire. Les populations y subissent toute sorte d’atrocités. Beaucoup ont abandonné leurs villages pour trouver refuge dans les villes où il y a un semblant de sécurité.
Le premier problème ici est que la Zakat est détournée de son sens. Parce qu’il s’agit d’une aumône obligatoire représentant 2,5 % de la richesse d’un musulman sur une année. La Zakat est destinée à purifier notre richesse pour nous élever spirituellement. Elle purifie notre cœur contre l’égoïsme et garantit aux pauvres de la société une protection contre la faim et la pauvreté. Le musulman est tenu de calculer chaque année lunaire (hégire) ce montant et de le donner “aux miséreux, aux pauvres, à ceux qui travaillent au service de la zakât, aux nouveaux convertis dont le cœur est à raffermir, aux esclaves [qui en ont besoin pour remplir leur contrat d’affranchissement], aux endettés [qui ne peuvent pas s’acquitter de leurs dettes] aux combattants bénévoles et au voyageur [qui n’a pas ce qui lui permet d’atteindre sa destination » [sôurat At-Tawbah / 60]. La zakat est généralement payée pendant le mois sacré du Ramadan pour doubler son impact et les gens peuvent facilement calculer la zakat sur la propriété.
Ceux qui récupèrent la Zakat ne sont pas des combattants bénévoles (au sens originel du terme), mais des terroristes.
En plus, il y a une période précise de l’année pour verser la Zakat ; or les terroristes passent à temps et à contretemps pour arnaquer les paisibles populations au nom d’un précepte islamique.
Le second problème, c’est la défaillance de l’État, le seul habilité à lever les impôts, et qui n’arrive pas à protéger les populations contre les impôts sauvages. Il faut que ça cesse ce bazar !

Source : INFO-MATIN

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