La situation actuelle de notre pays commande cette approche du rôle de la culture

Ramatoulaye Diallo NDiaye Ministre Culture

C’est cet après-midi que prennent fin les travaux de l’atelier de lancement des Etats généraux sur la culture. Le thème général, « la culture, un levier pour la paix et le développement », est décliné sur trois axes : culture démocratique ; culture et territoire et culture et entreprenariat culturel. Cet atelier doit dégager la voie à la Conférence générale de la culture au Mali prévue pour les 11, 12 et 13 juin prochains. Elle sera l’occasion de mettre à l’honneur le patrimoine culturel matériel et immatériel à travers une exposition et la création artistique à travers une projection cinématographique et un gala culturel.
La cérémonie d’ouverture de l’atelier de lancement des Etats généraux de la culture, a eu lieu hier au Centre international de conférences de Bamako (CICB) sous présidence de Mme Ndiaye Ramatoulaye Diallo, le ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme. C’était en présence des ministres Hamadou Konaté (Solidarité, Action humanitaire et Reconstruction du Nord), Thierno Amadou Omar Hass Diallo (Affaires religieuses et Culte) et Diarra Racky Talla (Travail, Fonction publique, Réforme de l’Etat, Institutions). Etaient aussi de la fête, les partenaires au développement.
Après une minute de silence observée à la mémoire de tous les artistes qui nous ont quitté cette année, le ministre de la Culture a cité un philosophe chinois pour justifier ce rendez-vous : « Si un Etat chute politiquement, il pourra se redresser, si un Etat chute économiquement, il pourra se redresser, mais si un Etat chute culturellement, c’est la dérive totale » La récente crise que nous avons connue nous a fait entrevoir l’éventualité de cette dérive. La phase de sortie de crise ne doit pas nous faire perdre de vue que notre nation connaît, encore aujourd’hui, des signes avant-coureurs d’une chute possible, a averti Mme Ndiaye Ramatoulaye Diallo.
Pour elle, la tâche est ardue et les défis sont à la fois divers et variés. Aujourd’hui, au cœur des préoccupations de son département, Mme Ndiaye Ramatoulaye Diallo a inscrit le retour aux sources, pour faire de la culture un levier de paix et de développement économique et social.
La situation actuelle du Mali commande certainement cette vision du rôle de la culture. Tout comme le contexte de l’époque a commandé à la première République de se fixer comme objectif d’assurer l’affirmation de notre identité sur la scène internationale et la consolidation de l’Etat nation et, à la deuxième République de mettre l’accent sur le développement institutionnel du secteur de la culture. C’est donc logiquement qu’après les évènements de Mars 1991, les autorités de la troisième République ont inscrit la politique culturelle dans la mouvance de la démocratie et de la décentralisation. Elles se sont inspirées du préambule de notre Constitution qui affirme la détermination de notre pays à défendre la diversité culturelle et linguistique de la communauté nationale et à assurer la protection de l’environnement et du patrimoine culturel.
Des acquis ont ponctué chacune des politiques conduites, a noté le ministre en charge de la Culture qui a cité, à ce propos, le document de politique culturelle de 2012 qui confirme la volonté d’explorer le patrimoine culturel pour comprendre le présent et mieux appréhender le futur du Mali. Chacun de nous, a insisté le ministre, doit comprendre que notre futur dépendra des prédispositions que nous prendrons aujourd’hui, afin notre culture ne chute point.
La culture, l’artisanat et le tourisme gérés par le même département, les objectifs à atteindre se définiront par leur transversalité. Mme Ndiaye Ramatoulaye Diallo en a, par conséquent, appelé à une union sacrée des acteurs publics et privés, des partenaires techniques et financiers autour des actions à venir du gouvernement. Elle a salué, à ce propos, l’accompagnement de l’UNESCO, de Promédia et de la Délégation permanente du Mali à l’UNESCO et de tous les partenaires du département.
Auparavant le chef du bureau UNESCO au Mali, a souligné que ces Etats généraux de la culture s’inscrivaient dans la logique de l’Agenda post 2015 des Objectifs du millénaire de l’ONU. Le thème de la culture et du développement durable est, en effet, partie intégrante de ce programme onusien. Notre pays avait d’ailleurs abrité en novembre dernier une des cinq consultations nationales prévues à cet effet, a rappelé Lazare Elondou Assomo.
Le Dr Oumar Keïta, représentant permanent du Mali auprès de l’UNESCO, a présenté cet atelier de lancement des Etats généraux sur la culture comme une opportunité historique d’intégrer la culture au processus de réconciliation et un formidable facteur d’intégration sociale.
Eric Blanchot de Promédia, dont l’ONG travaille dans la médiation à travers le monde, a salué l’opportunité importante de discuter des aspects culturels de la réconciliation. Cela, a-t-il souligné, n’est qu’un juste retour des choses dans la mesure où le Mali est riche de sa diversité culturelle et des liens sociaux si forts.

Y. DOUMBIA

source : L Essor