C’est l’un des thèmes forts des Etats Généraux de la décentralisation qui se sont ouverts depuis lundi dans la capitale malienne…

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Le Mali compte 8 régions et 703 communes, un découpage administratif qui aujourd’hui soulève les débats pour bon nombre d’élus locaux mais aussi pour les agents administratifs, l’Etat, les collectivités territoriales. En jeu, le transfert de compétences, de ressources, le renforcement des capacités et au final, le développement local et régional de ces régions du Mali, cet hinterland, enclavé et qui aujourd’hui fait face à la problématique du maintien de la paix et de la sécurité après la crise qui a secoué le Nord.

En assistant aux débats de ces assises ou état généraux, on se rend compte d’une grande frustration, d’abord de la part des élus locaux venus en grand nombre, mais par ailleurs à un discours bien huilé, qui dénote d’une faiblesse de la volonté politique, et montre l’incapacité des autorités à transférer les ressources et les compétences vers les régions, pour parachever le processus de décentralisation enclenché depuis les indépendances. ” J’espère qu’enfin, les recommandations de ces nouvelles assises ne resteront pas lettres mortes et je crois qu’il y a une vraie volonté des nouvelles autorités”, commente Ousmane Simaga, maire de Ségou.

Dans son discours, le président Ibrahim Boubacar Keita a relevé les noeuds gordiens de cette décentralisation, où tout reste encore à faire. Pour le nouveau locataire de Koulouba, les compétences transférées sont demeurées peu nombreuses et en retrait par rapport au programme initial; Tout comme les ressources allouées aux collectivités territoriales pour leur prise en charge ont été le plus souvent insuffisantes, reflétant des résistances que nous avions sans doute sous-estimées, qui se sont nourries de trop faibles capacités de prise en charge pour assumer les fonctions transférées”…

Développement local et régional

Des constats ont été faits et répétés. Que faire pour appliquer cette politique de décentralisation, ô combien cruciale dans la bonne marche de toute démocratie qui se respecte ? Pour Cheikna Dicko, maire de Léré,” non seulement le transfert de ressources fait défaut, mais la crise a aggravé la situation d’une commune frontalière de la Mauritanie et forte de 23000 âmes”. Le Maire de Léré, espère que ces Etats généraux permettront de poser les vrais problèmes. Une autre participante, Djénéba Cissé pointe le rôle des partenariats public et privés, la coopération étrangère qui permet de booster le développement local des régions. Le redéploiement dans les régions du personnel compétent.

De son côté certains intervenants du Nord, échaudés par tant d’années de discours sans application, ont appelé à mettre les choses à plat. “Nous devons voir ce qui a marché et ce qui n’a pas marché, la loi sur le découpage administratif actuel est-elle juste ?” La région Nord du Mali est tellement vaste qu’elle gagnerait à êtes davantage découpée, précise Maître Maliki, avocat à Kidal. Ainsi donc, plus de cercles, faire de certaines localités des cercles, et créer une nouvelle région au Nord, celle de Taoudenni ? “, envisage t-on. Le problème récurrent du Nord, pose cette question du découpage. “Mais, ajoute André Bourgeot, anthropologue, il faut aborder les choses dans leur globalité, comprendre qu’il y a au nord comme au sud, des poches de sous développement profondes, et qu’il faut rééquilibrer.

En lieu et place de décentralisation, des participants, parleront eux de déconcentration des pouvoirs. Une autre manière d’envisager la décentralisation ? Les débats continuent.

Par Mame Diarra DIOP

Source: Journal du Mali