Voilà 24 mois que le parti Fare An ka wuli a été porté sur les fonts baptismaux. Le parti a fêté, samedi dernier, ses deux ans d’existence en organisant une conférence-débat sur le thème « le Mali face aux défis de la sécurité et de la gouvernance ». L’événement s’est déroulé dans la salle de conférences de la Maison des aînés en présence du chef de file de l’opposition malienne Soumaïla Cissé, du Premier ministre de la Transition 1991-1992, Soumana Sako et de plusieurs figures du Mouvement démocratique.

MODIBO SIDIBE PARTI FARE MEETING
Trois interventions ont dominé la cérémonie commémorative. Le président de la formation, Modibo Sidibé, a rendu grâce à Dieu qui a rendu possible la rencontre et remercié tous ceux qui ont effectué le déplacement. Selon l’ancien Premier ministre, le parti ne se lassera pas de faire connaître le sens de sa démarche, de renforcer sa capacité à rassembler autour d’un projet qui prend en charge les défis et les enjeux de l’heure et qui pose les jalons de l’engagement et de l’espérance. Les Fare an ka wuli sont convaincus que la participation, le dialogue et le débat ouvert doivent être remis au coeur de l’action politique rénovée et répondre aux préoccupations concrètes des Maliens.
Le premier vice-président du parti et ancien ambassadeur, Souleymane Koné, qui a présenté le thème « le Mali face aux défis sécuritaires », a développé les grandes lignes de la présente donne sécuritaire, les dimensions géoéconomiques et géostratégiques de celle-ci et les menaces qu’elle recèle. Il s’est élevé contre le récent Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, en qualifiant le document comme le plus désintégrateur de tous ceux qui ont été signés pour ramener la paix au Septentrion malien. Face aux nouveaux périls, l’ancien diplomate estime que le Sahel et le Maghreb sont liés par une communauté de destin. Le conférencier a déploré la fragilité de l’Etat qui facilite l’éclosion. Il a aussi indiqué que la position géostratégique exceptionnelle du Mali pourrait expliquer certaines convoitises. En perspective, Souleymane Koné souligne la nécessité d’aller vers la réforme du secteur de la sécurité, avec une attention particulière pour la moralisation du recrutement ainsi que pour la formation et l’amélioration des conditions de travail.
Le troisième vice-président des Fare et ancien ministre des Finances, Aboubacar Traoré, a exposé sur « les défis de la gouvernance économique ». Parlant des impacts de la crise, Aboubacar Traoré a rappelé que de 2005 à 2010 la croissance économique de notre pays était de l’ordre de 5%. Cette croissance qui était surtout portée par l’agriculture avait fait baisser la pauvreté. Le coup d’Etat de 2012 a amené une inversion de la tendance et une suspension de l’aide internationale. Cette dernière n’a été rétablie qu’après l’élection de l’actuel président de la République. L’ancien ministre a déploré la dégradation de la gouvernance financière à travers les fraudes et la corruption.
Concernant les dépenses, il constate que les subventions faites par le gouvernement ont beaucoup augmenté. 1,3% du PIB va par exemple dans les subventions à l’électricité. Le contrôle que l’Etat doit effectuer a posteriori pose problème, a regretté le conférencier qui a attiré plus particulièrement l’attention sur le fait que plus de la moitié des jeunes de 12 à 17 ans ne vont pas l’école et que les inégalités sociales se creusent de plus en plus. Quelles priorités stratégiques faut-il établir pour renouer avec la croissance ? Aboubacar Traoré a proposé de renforcer la capacité à générer des revenus. Avec 10% du PIB, notre pays peut venir à bout de l’extrême pauvreté, d’après une étude de la Banque mondiale.
S. DOUMBIA

source : L Essor