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A CAUSE DES POCHES DE SECHERESSE A KOUTIALA ET SIKASSO : Les récoltes de la CMDT en baisse

La campagne agricole 2019-2020 n’a pas été fameuse. Le principal facteur en cause est la sécheresse constatée dans des zones de grande production. Néanmoins, le PDG de la CMDT se garde de tirer toute conclusion hâtive sur le résultat de la campagne, car il ne s’agit que de prévision pour le moment.

En visite dans la région de Sikasso (le plus grand bassin cotonnier et céréalier du Mali) la semaine dernière, le PDG de la CMDT holding, le Pr. Baba Berthé et ses services techniques se sont rendus compte de la baisse drastique des récoltes de coton. Après constat, il a été établi que pendant l’hivernage, des poches de sécheresse de très longue durée ont été constatées çà et là notamment à Koutiala et Sikasso.

Les zones les plus frappées sont celles qui produisent plus de la moitié du coton de la CMDT que sont les filières CMDT de Koutiala et Sikasso. La partie sud de la filière de Koutiala qui va de Mahou, Wirikina, Karangana, Molobala, jusqu’au pont de Kuoro barrage, connaît de gros soucis de production cette année. La filière de Sikasso dans sa partie nord connaît la même situation due à des pluies peu abondantes. Les changements climatiques tant décriés à travers le monde, ont fait leurs effets dévastateurs.

Conséquences : ceux qui récoltaient plus de 30 tonnes se sont retrouvés avec 10 tonnes sur la même superficie emblavée. Des paysans se sont retrouvés endettés dans l’achat des intrants agricoles et engrais. Ils sont pour la plupart dans la déchéance et ne savent plus comment rembourser la CMDT, qui leur fournit en engrais et pesticides. Jusqu’au mois d’août, des paysans se sont plaints de la faible pluviométrie, sinon de l’absence totale des pluies au nord de Sikasso. Ce résultat jugé déficitaire par des observateurs est apprécié différemment par Baba Berthé. Aux dires de celui-ci, « le résultat n’est pas lié au volume de la production ». Il ajoute que « c’est la deuxième plus grande performance de la CMDT depuis sa création, après la campagne 2017-2018″. M. Berthé est soutenu dans ses assertions par d’autres techniciens agricoles. Selon ces derniers, « il n’y a pas de campagne qui a été aussi bonne que la précédente à part celle de 2017-2018″.

Le prix du kilo en cause

D’autres sources évoquent des problèmes de qualité auxquels la CMDT pourra être confrontée cette année. Selon des sources, il y a une des variétés cultivée jugée très rentable, mais qui ne se vend pas très bien sur le marché international. C’est pourquoi d’ailleurs des dispositions ont été prises par les responsables de CMDT pour la campagne cotonnière prochaine. Des instructions fermes ont été données pour réduire considérablement la superficie à cultiver pour ce genre de coton à moins de 75 000 ha. Ce qui permettra de résoudre quelques soucis au niveau des résultats de campagne.

Le principal point noir au niveau des résultats de campagne semble être l’augmentation des charges. Une situation évoquée devant les administrateurs, par le PDG de la CMDT lors de leur dernier conseil d’administration tenue en fin d’année. Il avait affirmé que les charges ont augmenté à cause de l’chat du coton graine, le principal chapitre de dépense. Les prix du kilogramme sont passés de 255 F CFA, à 275 F CFA (20 F CFA d’augmentation). Une grande première à la CMDT. Une autre situation déplorable sur laquelle avait insisté le PDG de la CMDT est que, dans le même temps, les recettes n’ont pas suivi.

La vente du coton graine sur le marché international a connu une baisse vertigineuse. Le prix du kilogramme a diminué de 1000 F CFA le kilo à 900 F CFA, soit 100 F CFA de différence. Ce problème est propre à tous les pays producteurs de coton surtout nos voisins (Burkina Faso, Bénin). A en croire Baba Berthé, ces résultats ne sont que provisoires. La direction générale de la CMDT holding est en train de serrer les vices dans les chapitres de dépenses en vue de maintenir les comptes à flot.

Toute cette situation conjoncturelle n’est que les conséquences de la guerre commerciale à laquelle se livrent les Etats-Unis et la Chine, et qui font pâtir les plus faibles.

Abdrahamane Dicko

Mali tribune

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