Autosuffisance alimentaire et développement : La solution par le coton malien ?

Avec une économie fortement dominée par l’agriculture, le Mali n’a d’autres choix que de renforcer son secteur agricole en améliorant encore davantage la production du coton.

 

Présents à la journée mondiale du coton, des chercheurs de l’IER, ont conclu leur présentation sur la place du coton dans l’économie malienne, en disant ceci : « L’économie du Mali se mesure ainsi par la vitalité du coton. La filiale coton est donc le tensiomètre de l’économie malienne ». Cela démontre l’importance de la culture du coton au Mali qui se classe dans les premiers rangs au plan continental.

Le Mali s’est toujours appuyé sur le secteur de l’agriculture pour assurer l’essor de son économie. Et la culture du coton y joue un rôle de premier plan. Cette culture du coton est en grande partie assurée par des exploitations agricoles familiales qui y associent l’élevage et les cultures vivrières. De ce fait, le coton est une préoccupation majeure pour l’État malien, compte tenu du revenu qu’il procure aux différents acteurs de la filière. Cependant, l’absence d’industrie de transformation, qui oblige le Mali à exporter la matière brute, prive le pays d’une grande partie de la valeur ajoutée qu’il pourrait tirer de la filière. « La transformation de la matière génère des revenus bien plus conséquents que sa vente », soutiennent les chercheurs de l’IER dans leur présentation.

Conscient de ce déficit, le gouvernement du Mali ambitionne de mettre en place une industrie de transformation locale pour qu’au moins 10 à 25% du coton produit soit transformé au Mali. Cela est d’autant plus nécessaire que la situation de la production cotonnière du Mali, dépend de la conjoncture internationale. En effet, selon les analystes, le nombre d’exploitations varie en fonction de celle-ci et le prix du coton y dépend. Par conséquent, les paysans le prennent en compte dans leur décision de produire.

Si dur, si nécessaire !

La culture du coton, n’est pas aisée au regard des nombreuses difficultés évoquées. En ce moment, la culture du coton demeure encore indispensable non seulement dans le processus de développement du monde rural mais celui  du Mali tout entier, car, dit-on, le secteur coton joue un rôle capital dans la politique de lutte contre la pauvreté et l’exclusion.

Le Mali a décidé d’octroyer 15% de son budget national pour le développement du secteur de l’agriculture. Une volonté politique qui doit être accompagnée par des résultats probants sur le terrain.

Dans ce domaine, l’impact de la culture du coton sur le plan macro, a été démontré par les experts qui y voient des résultats positifs. « Le coton est un produit d’exportation par excellence : la majorité de la production nationale est exportée et la filière fournit 22% des recettes d’exportation du pays » disent-ils. En plus, le chiffre d’affaires du coton est estimé à 260 milliards de F CFA en moyenne, soit à peu près 20 % du budget national en 2011. Ce sont aussi 18 milliards de F CFA de recettes fiscales et douanières. « Nous pouvons admettre qu’avec un tel apport, si le coton s’écroule au Mali, c’est un coup fatal pour l’économie nationale » préviennent les experts.

En plus d’être source de revenus financiers pour l’Etat et ses partenaires, la filière cotonnière contribue largement, depuis de longues décennies, à la création d’emplois et à la croissance économique du pays. Plusieurs études de l’INSTAT, selon les experts, ont souligné que la production de coton, permet à un grand nombre de foyers agricoles d’accéder à un revenu leur permettant de vivre dans des conditions acceptables ;Elle leur procure les possibilités d’épargner et de financer certains projets lors des bonnes campagnes agricoles ; Pour les producteurs, les ristournes et plus-values issues de la commercialisation du coton graine, permettent d’accéder aux équipements agricoles, de financer la construction d’infrastructures socio-économiques de base (salles de classes, magasins de stockage des intrants, centres d’alphabétisation et centres de santé, les pistes). En plus de cela, les cultures céréalières, bénéficient des arrières effets du coton et principalement le maïs.

Le coton offre donc une opportunité pour accroitre la productivité agricole et améliorer les revenus et le bien-être de plus de quatre millions de personnes au Mali. « Aujourd’hui, grâce au « système coton » le Mali sud est devenu le grenier du Mali à travers sa production céréalière (mil, sorgho maïs) de l’ordre de 1 659 300 tonnes en 2013/14 » assurent les chercheurs maliens qui expliquent que la filière coton exerce des effets d’entraînement très importants sur le reste de l’économie car elle est étroitement imbriquée dans le fonctionnement de l’économie au niveau de la distribution et la circulation des revenus, mais aussi au niveau du système de financement national et des circuits financiers. Aussi, le traitement des produits dérivés de la graine de coton, permet de produire de l’huile de coton et des tourteaux de coton destinés à l’alimentation du bétail. Et les dérivés issus de la production d’huile qui sont de deux natures, sont d’une extrême importance pour les femmes des territoires abritant les usines de transformation de la graine dans la mesure où les pâtes blanches et noires issues du raffinage d’huile sont vendues aux femmes pour la fabrication du savon.

Les revenus générés par cette activité, étaient estimés à plus de 15 milliards de FCFA, selon les chercheurs qui expliquent que cela permet aux femmes exclues du circuit économique, d’avoir des moyens de subvenir à la quasi-totalité de leurs besoins alimentaires, d’avoir un moyen d’épargner pour certaines à travers des tontines et autres petits commerces ; L’argent ainsi épargné sert à financer des petits commerces, à faire des investissements divers et à satisfaire d’autres besoins quotidiens des bénéficiaires (les dépenses de mariage, de baptême, de décès etc.).

La volonté politique de l’Etat malien de soutenir le développement du secteur de l’agriculture dans sa globalité, incombe aux bénéficiaires un engagement et une gestion transparente des subventions accordées. Le choix des hommes à ce niveau pour diriger, conseiller, accompagner, s’avère être fondamental pour ne pas réduire à néant tous les efforts consentis. L’homme qu’il faut à la place qu’il faut, doit être une réalité pour le développement du secteur de l’agriculture en général et celui du coton en particulier.

Rassemblés par par El Hadj Tiémoko Traoré

 Source : Le Pouce

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