Blanchiment des capitaux et financement du terrorisme : l’Ordre des notaires à l’école de la CENTIF

Le ministre de la Justice et des droits de l’homme, Mohamed Sida DICKO, a présidé ce mardi 24 novembre 2020, l’ouverture de la session de formation des notaires sur la « Lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme » à l’Hôtel Millénium de Bamako. Initiée par la Cellule Nationale de Traitement des Informations Financières (CENTIF) du Mali, cette rencontre avait pour objectif de renforcer les capacités des notaires sur contenu de la Loi N°2016-008 du 17 mars 2016 relative à la Lutte contre le Blanchiment des Capitaux et le Financement du Terrorisme.

À l’ouverture des travaux, le ministre Mohamed Sida DICKOa souligné que cette session se tient à un moment où notre pays, à l’instar d’autres États du sahel, est confronté à la montée et à la persistance des phénomènes liés au terrorisme et aux autres formes de criminalité transnationale organisée.

De même, a-t-il fait savoir, face aux difficultés qu’ils rencontrent dans l’application de la loi relative à la Lutte contre le Blanchiment des Capitaux et le Financement du Terrorisme, les notaires, par l’intermédiaire de leur Ordre, ont exprimé le besoin de renforcer leurs capacités afin de mieux appréhender les dispositions de ladite Loi.

Au-delà de l’expression de la volonté politique de notre pays de lutter
contre ces phénomènes, cette Loi est un instrument entre les mains des acteurs chargés aussi bien des renseignements que des procédures judiciaires auxquelles ils peuvent donner lieu.

Cependant, une lutte efficace contre le Terrorisme et les infractions connexes passe nécessairement par une synergie d’actions des intervenants à différents niveaux.

À cet égard, le rôle de la CENTIF, service chargé de la collecte des renseignements, est d’une importance capitale. Cela justifie pleinement la nécessité de faire respecter, scrupuleusement, la loi, par les assujettis en ce qui concerne l’obligation de transmission à la CENTIF des Déclarations d’Opérations suspectes (DOS).

« L’importance des Déclarations d’Opérations suspectes par les offices notariaux à la CENTIF et les appréhensions des Notaires par rapport à la protection de leur clientèle sont des préoccupations conciliables dans la mesure où il s’agit du respect de Loi », a reconnu le garde des Sceaux.

Avant de terminer, le ministre DICKO, a tenu à saluer les responsables de la CENTIF pour cette initiative tout en l’exhortant à multiplier de ce genre de formation, notamment en direction des acteurs de la justice chargés de la lutte contre la corruption et la délinquance économique et financière.

Avant l’intervention du ministre, le président de l’Ordre, Me Yacouba M. KEITA, a souligné que les Notaires occupent une place de choix parmi les assujettis de la Loi, en raison de la nature des opérations et de l’importance des flux financiers qui passent par leurs cabinets. Pour cette raison, dit-il, une telle formation à l’intention de cette corporation parfaitement justifiée.

Pour sa part, la secrétaire générale de la CENTIF, Mme Touré Aminata DEMBELE, a indiqué que la corporation des Notaires constitue un maillon essentiel dans la prévention et la répression contre la criminalité financière. De même, a-t-elle expliqué, ce séminaire offre, non seulement, un cadre de dialogue entre la CENTIF et la corporation notariale, mais aussi une occasion pour les notaires de s’approprier désormais de la Loi pour en assurer une saine application. Par ailleurs, ledit séminaire vise aussi à permettre à la CENTIF d’accéder à une base substantielle de renseignements.

Abdoulaye OUATTARA / Afrikinfos-Mali

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