Le samedi 24 out 2019, vers 21heures, toutes les barricades érigées par les manifestants ont été levées à l’exception de quatre (4) autres installées au niveau de la ville garnison de Kati. Après la mobilisation du vendredi qui n’a enregistré aucune réaction officielle, les jeunes de Kayes ont décidé de prolonger leur mouvement.

Dans nos investigations, l’instruction serait venue du Premier Ministre Boubou Cissé, afin que le gouvernement adopte une attitude d’indifférence. Aucune réaction aucune, précisément, communiqué, interview ou message sur les réseaux sociaux du gouvernement ne devrait être enregistrée jusqu’à nouvel ordre.

Pour des acteurs majeurs de cette journée de blocus, ils expliquent que Boubou Cissé espèrerait qu’avec le temps, ils quitteront les routes sans incident. Des sources, que nous avons aussi sondées, affirment que le chef du gouvernement estimerait que les conditions pluvieuses et le manque de moyens de ces manifestants sont des facteurs qui les démoraliseront.

A cet effet, de l’avis et sur consigne de Boubou Cissé, les forces de l’ordre, bien que présentes, ont été priées de rester à l’écart des manifestations pour ne pas donner une occasion aux nombreux maliens, mécontents du régime en place, de mener des actions susceptibles de déstabiliser les Institutions de la République.

Des citoyens qui s’expriment de cette manière méritent une réaction officielle dans un État sérieux. Mais visiblement, Kayes et les autres localités ne sont pas Kidal. Cette baie des terroristes et des séparatistes qui ont porté à la République le coup fatal. Cette ville qui devrait avoir la visite théâtralisée de Boubou, comme celles de ses prédécesseurs, afin de montrer qu’elle fait partie du Mali.

Une soixantaine de millions de FCFA ont été dépensés pour la prise en charge du blocus, mais les pertes, explique une source douanière, ne sont encore graves car les enregistrements se font aux frontières mêmes si les engins n’ont pu passer.

D’autres localités sont déjà dans une posture d’emboîter le pas à Kayes qui n’a pas dit son dernier mot. Ce mouvement a t-il avoir le soutien des opposants politiques? En tout cas, l’Etat, dont le mensonge a été flagrant, devrait tenter d’apaiser ce nouveau vent qui souffle qui peut faire des dégâts considérables.

Source: Figaro du Mali