Sans jeter de l’huile sur le feu ou être de mauvais augure, en scrutant l’horizon de la crise au centre du pays, avec ses multiples épisodes, on se rend compte d’une réalité tangible et amère.

 

Après avoir donné le champ libre aux terroristes pour tuer massivement des populations innocentes, le conflit à créer les conditions d’une famine sans précédent. Cette conséquence (famine) de cette guerre va permettre d’achever le travail déjà commencé. Les attaques et les tueries à grande échelle ont provoqué une fuite massive des populations dans leurs zones de culture.
Certes, avec les efforts actuels consentis pour le retour de la paix et de la réconciliation, chaque Malien doit être dans une optique de convergence d’idées positives mais pour soigner les plaies puantes et trouver des solutions réelles au problème, il faut le connaitre de fond et connaitre ses périphériques.
Ainsi après l’étape des armes succède une autre étape : l’utilisation de la faim pour tuer à grande échelle sans se salir les mains ni les noms. Cela a été confirmé par un observateur pour qui « … cela fait plusieurs années que le travail lié à la terre, aux animaux et à l’économie culturelle est compromis par ceux qui ont pris les armes contre la nation ». Il a ajouté qu’en cette année, de bonne pluviométrie, les jihadistes du Macina ont décrété ; et spécialement plus pour le pays Dogon, zéro champ sera cultivé. Ainsi trois saisons de pluies durant pas une graine n’a été semée. L’accumulation de ce manque commence à provoquer de la famine.
Les seuls rares hommes, qui sont restés sur leurs terres au risque de leur vie, ont fini par payer de leur vie. Dans ce marchandage d’âme, plusieurs acteurs sont impliqués indirectement même si cela ne peut en aucun cas être démontré scientifiquement c’est-à-dire avec des preuves concrètes à l’appui. Néanmoins, un trio dont la coloration est visible peut être cité.
D’abord, le gouvernement qui est parti de la zone et laisser les populations à la solde des terroristes. Ceux-ci ont tué, brûlé et détruit tout ce qui peut être utile. Ensuite, « la Minusma et Barkhane qui sont sur place avec les gros moyens à même de vider les terroristes en une journée ». Mais, on a l’impression que ces deux forces ont besoin des terroristes pour accomplir une mission dont elles seules connaissent les tenants et les aboutissants. Tous les Maliens sont convaincus qu’ils les aident. Pour tenter de démontrer l’implication du gouvernement dans ce qui se passe actuellement dans le Centre du pays, cette année, il refuse de donner l’engrais subventionné aux agriculteurs du Sud alors que l’hivernage tire vers sa fin. C’est le cas dans le cercle de Yorosso, dans la région de Sikasso où les agriculteurs attendent toujours de l’engrais subventionné.
Selon des sources locales, seuls les cotonculteurs ont pu avoir de l’engrais par la CMDT. Pour les agriculteurs, le retard dans l’approvisionnement de l’engrais peut engendrer une mauvaise récolte du maïs. Les paysans pensent que le problème est au niveau des fournisseurs qui réclament beaucoup d’arriérés à l’Etat.
Cette famine provoquée par le manque de culture depuis des années au centre est sur le point de se généraliser dans tout le Mali. Déjà plus de 2 millions de personnes sont touchées par l’insécurité alimentaire selon le dernier rapport d’Ocha.

B. M.

LE POINT DU MALI