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Financement des Pme/Pmi : le dispositif de soutien de la BCEAO dans l’espace Uemoa lancé

Le ministre de la Promotion de l’investissement et du Secteur privé, Baber Gano, a procédé au lancement du dispositif de soutien de la Bceao au financement des petites et moyennes entreprises (Pme/Pmi) dans l’espace Uemoa. C’était le jeudi 2 août 2018 à l’espace Maewa Palace à Hamdallaye ACI 2000, en présence du directeur national de la Bceao, Konzon Traoré ;  de la présidente de l’association professionnelle des banques et établissements financiers, Touré Coumba Sidibé ; du président du réseau malien des Pme, Sanou Sarr.

Les chefs d’Etat de I’Uemoa ont sollicité la Bceao pour mettre en place un instrument d’accompagnement des Pme/Pmi dans le but de leur faciliter l’accès au financement bancaire. Pour concrétiser la volonté des chefs d’Etat, le Conseil des ministres de I’Uemoa, en sa session du 29 septembre 2015, a pris la décision de mettre en place un dispositif de soutien au financement des Pme/Pmi dans le cadre du financement des économies de I’Uemoa.

 

Un tel dispositif vise à apporter une réponse à la problématique de l’accès des Pme/Pmi au financement bancaire à travers des incitations offertes par la Banque centrale aux établissements de crédit et une meilleure organisation de l’accompagnement de ces entreprises. L’objectif étant de créer une masse critique de Pme performantes pour plus de création de richesses et d’emplois. La définition retenue pour le Pme est celle d’une entreprise autonome productrice de biens et services dont le chiffre d’affaire n’excède pas 1 milliard, qui tient une comptabilité régulière conforme aux dispositions règlementaires en vigueur.

 

Selon la présidente de l’association professionnelle des banques et établissements financiers, Touré Coumba Sidibé, le lancement de ce dispositif marque un tournant décisif dans le financement des économies dans les pays membres de l’Uemoa. Selon certaines études récentes, soutient-elle, les Pme/Pmi représentent 95% de la population des entreprises de l’espace Uemoa et l’écrasante majorité de ces Pme/Pmi sont dans le secteur informel. Celles-ci ne tiennent pas de comptabilité, ne disposent pas de comptes d’exploitation, ni de plan de trésorerie, ni de bilan.

 

Selon Touré Coumba Sidibé, «la problématique du financement des Pme/Pmi nous interpelle, car dans la plupart des cas, ces entreprises constituent le moteur de la croissance de nos économies. Elles sont sources de la création d’emploi, de lutte contre la pauvreté et contribue largement à rendre nos économies plus dynamiques et plus résilientes».

 

Cependant, a-t-elle indiqué, les acteurs qui animent les Pme/Pmi ne disposent pas dans la plupart des cas d’états financiers certifiés et audités sur lesquels les banques pourraient s’appuyer pour évaluer leur solidité financière et leur capacité de remboursement. De même, aux dires de Touré Coumba Sidibé, ces acteurs manquent de compétences pour réaliser des études de faisabilité aux normes requises.

 

Et Touré Coumba Sidibé de noter que, pour inciter les établissements de crédit à financer davantage les Pme/Pmi, le dispositif prévoit  l’admissibilité au financement Bceao des créances portées sur les Pme/Pmi éligibles au mécanisme, des incitations réglementaires sur les créances portées sur les Pme/Pmi. Elle a alors rassuré le directeur  national de la Bceao que les banques mettront en place une meilleure organisation et un renforcement des structures internes en charge du financement des entreprises concernées.

 

Mais la réussite totale de ce dispositif dépendra aussi des mesures qui seront prises par ailleurs, une fois le financement obtenu, le marché exécuté, le risque écarté, a-t-elle déclaré. Et d’ajouter : «ces Pme/Pmi devront être assurées d’être payées dans le délai afin que leur situation financière soit renforcée et leurs engagements au niveau des banques réservés.»

 

Dans son allocution, le ministre de la Promotion de l’Investissement et du Secteur privé, Baber Gano, a souligné que le secteur privé malien est largement dominé par des Pme/Pmi dont la plupart exerce dans le secteur informel. Il dira que bien qu’on ne connaisse pas avec exactitude leur nombre, faute d’études statistique fiables, il est communément admis qu’elles représentent jusqu’à 90% des entreprises du secteur formel et qu’elles pourvoient plus de la moitié des emplois salariés.

 

C’est pourquoi, selon Baber Gano, la promotion des Pme est placée depuis quelques années au cœur des politiques publiques visant à valoriser leur potentiel de croissance et d’innovation décisif pour la prospérité du pays. Il a, au nom du gouvernement, exprimé toute sa gratitude à la Bceao pour avoir bien voulu «nous accompagner dans la mise en œuvre d’un tel dispositif dont les objectifs sont salutaires pour les économies de nos Etats».

 

Diango COULIBALY

Source: Le Reporter

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