Flambée des prix, Rétention prétendue du gaz domestique

Les précisions de Oudiari Diawara, Directeur de Sodigaz « Nous ne sommes pas en grève, encore moins de faire la rétention du gaz. Nous vivons une tension de trésorerie qui nous empêche de nous approvisionner auprès des fournisseurs étrangers. Parce que l’Etat malien nous doit 7 milliards de fcfa d’impayés ». Telles sont les vérités d’Oudiari Diawara, Directeur de Sodigaz, non moins président du groupement des professionnels de gaz domestique. C’était lors du point-presse qu’il a animé le jeudi 9 janvier 2020 suite aux rumeurs de grève et de rétention de gaz véhiculées sur les réseaux sociaux pour justifier la pénurie du produit combustible.


En organisant ce point-presse, le gérant de Sodigaz a voulu donner les vraies précisions sur les origines de cette pénurie, afin de blanchir le groupement et permettre à la population de connaitre la réalité des choses. Depuis un certain temps, le gaz se fait rare dans les boutiques. Cette situation continue de faire couler beaucoup d’encre. Aujourd’hui, cette pénurie a causé le départ dans la rue de nombreux travailleurs des 8 sociétés de gaz du groupement. Malheureusement, cette pénurie est réelle et a déjà eu pour conséquence immédiate la hausse des prix de bois et du charbon. D’entrée de jeu, Oudiari a confessé que le groupement n’est pas en grève et ne fait pas de rétention du produit. Expliquant les origines de la crise, il a précisé : « Nous ne faisons pas de la rétention, car nous n’importons pas le gaz. Nous avons une tension de trésorerie qui nous crée des difficultés pour financer nos activités ». Selon lui, le problème c’est le manque d’argent. De la gestion de l’exploitation du gaz, Diawara a indiqué que c’est l’État même, dans l’intention de protéger l’environnement, qui a décidé de substituer le gaz au bois. Il a ensuite ajouté que c’est dans cette vision que le gouvernement a institué depuis 1983 la subvention du gaz butane. A l’en croire, cette subvention, de son vrai nom « différentiel de prix », est adoptée pour soulager les populations et non les sociétés d’exploitation. Dans le processus, l’état rembourse aux sociétés le différentiel de prix. Pour ce mois de décembre dernier, le prix réel de la bouteille a été fixé par l’ONAP à 6025 fcfa. L’État a subventionné pour qu’elle soit vendue à 3500 FCFA. Selon lui, c’est le reliquat qui a été remboursé aux sociétés à travers l’AMADER et le Trésor. Or, à l’entendre, depuis octobre 2018, le Trésor n’a pas payé le montant de ce différentiel de prix pour les sociétés qui est estimé à 7 milliards de fcfa. Oudiari a justifié le fond du problème par cette situation qui a causé l’arrêt de l’approvisionnement. « Cette matière ne vient pas du Mali. Les fournisseurs ne veulent plus faire crédit. On ne peut plus continuer », s’est indigné le gérant de Sodigaz. Le président du Groupement a également souligné : « Nous n’avons pas demandé aucune augmentation des prix. Nous voulons juste qu’on nous paye ce qui nous revient de plein droit. Nous méritons cette aide. Notre maladie, c’est que nos caisses sont vides. On veut seulement que l’Etat nous rembourse. ». Toutefois, il a juré qu’il n’y aucun problème politique ou religieux dans cette affaire. Il a signalé que le gouvernement affirme qu’il n’y a pas de crédit budgétaire pour payer les 7 milliards et qu’il n’y a pas de fonds au Trésor pour payer les mandats relatifs à cette subvention. Oudiari a confessé qu’il n’y a plus de stock, car les fournisseurs ont arrêté de les approvisionner. S’agissant de flambée du prix de la bouteille du gaz, Diawara a soutenu que ceci relève de la pure spéculation des commerçants. « Les sociétés n’ont augmenté aucun franc sur le prix du gaz », a fait comprendre le gérant de Sodigaz.

Jean Goïta

La lettre du Peuple

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