Le Mali est l’un des pays dont le sous-sol est fortement riche en or. En témoignent les gisements qui se font découvrir à tout moment dans certaines régions du Mali, entre autres à Kayes, Sikasso. Et pourtant, au Mali, les sociétés minières censées apporter une bouffée d’oxygène contre le chômage dans notre pays, ne font qu’empirer la situation. Et c’est la société des mines de Sadiola (SEMOS), qui est en train de s’illustrer dans ce que l’on pourrait qualifier d’une foutaise à l’endroit de la justice malienne.

En effet, Quatorze (14) techniciens supérieurs de la santé de cette société étaient en disgrâce avec leur direction depuis l’année 2018, et ont décidés d’user de tous les moyens, afin que leur employeur les remette dans leurs droits. Et pour se faire entendre, ils ont saisi le tribunal de travail de Kayes, qui a fixé la première audience au 12 mars 2018. Recrutés en mai 2010 par la société des mines de Sadiola (SEMOS-SA), en qualité d’infirmiers d’Etat, infirmiers et sage-femme, ses 14 techniciens de la santé se disent victimes d’une injustice de la part de leur employeur. En effet, il ressort de la convention collective des sociétés minières que ces agents doivent être en catégorie supérieure, mais tel n’est pas le cas, car les travailleurs concernés sont toujours en catégorie inférieure.

Ainsi donc après plusieurs audiences au Tribunal de Kayes, la société des mines de sadiola a perdu sur toute la ligne dans les différents procès. Mais qu’à cela ne tienne, elle refuserait de remettre les huit (8) travailleurs restés au sien de la société dans leur droit. En effet, le Tribunal de Kayes, dans un arrêt No 009JGT/18 du 25/08/2018, ordonne à la SEMOS-SA, la régulation de la situation administrative. Condamne en outre la société de payer les droits et dommage et intérêts des travailleurs concernés.

La société ne voulant pas se rabaisser devant les employés, faire appel de la décision de justice devant la Cour d’Appel de Kayes. Une fois encore sa requête est rejetée. Car la Cour d’Appel a statué dans l’arrêt No 03 du 09/05/2019, ordonne à la SEMOS-SA, la régulation de la situation administrative des travailleurs et condamne en outre la société à payer les droits et dommage et intérêts.

Malgré cela, la société des mines de sadiola, refuse d’entendre raison, et elle fait appel une fois encore de la décision de la Cour d’Appel, devant le Tribunal de Grande Instance de Kayes. Une fois encore, sa requête est déboutée par le tribunal. Car, dans son jugement No 36 du 05/08/2019, le Tribunal de Grande Instance de Kayes, demande à la SEMOS-SA, la restitution du trop-perçu de salaire net de restitution de l’index. Et de formuler que la demande est mal fondée et l’en déboute et met les dépenses à la charge du Trésor public.

Malgré toutes ses tentatives pour faire obstacle aux droits des travailleurs, la justice a tranché en faveur des travailleurs incriminés par la société. Mais malgré cela elle refuse d’attendre raison. Le Hic, est qu’il nous revient que pour ce mois-ci, un agent n’aurait pas bénéficié de salaire car la société lui aurait carrément défalqué la totalité de sa paye.

En effet, ayant approché à plusieurs reprises les responsables de la société pour réparer cette injustice, ces derniers sont restés sourds à leurs doléances. Et ce, malgré que les responsables syndicaux et délégués de service se sont investis dans le dialogue avec les patrons de la société minière pour mettre ses derniers dans leur droit. Etant tous recrutés par un contrat à durée indéterminé, les quatorze techniciens d’alors de la santé, ne pouvant plus subir une telle injustice ont porté l’affaire devant l’inspection de travail de Kayes, qui a débouté la SEMOS, en demandant aux responsables de remettre les techniciens de la santé dans leurs droits. Mais c’est sans compter avec la mauvaise foi de ces derniers, qui n’ont rien à cirer de la décision de l’inspection de travail.
Et ceux qui sont encore en service au sein de la société continue à tirer le diable par la queue. La question que l’on se pose est de savoir si les dirigeants de cette société sont au-dessus de la loi ?
Cette situation au sein de la SEMOS commence à inquiéter plus d’un. Car très bientôt, cette société va fermer ses portes, et si rien n’est fait d’ici là, ce sont ses pauvres travailleurs, qui vont payer le lourd tribut. Le climat social est donc très tendu à la SEMOS et les appréhensions du personnel sont nombreuses.
Nous y reviendrons !
A.D

Source: Le Point du Mali